Centrafrique: Amnesty dénonce le manque d'exécution des mandats de la Cour pénale spéciale

Après la libération du ministre de l'Élevage, Hassan Bouba Ali, qui avait été arrêté sur un mandat de la Cour pénale spéciale, fin novembre en Centrafrique, l'ONG internationale basée à Londres Amnesty international monte au créneau. Elle dénonce dans un communiqué le fait que des dizaines de personnes soupçonnées de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité sont toujours en liberté en Centrafrique.

(Illustration) Toussaint Muntazini Mukimapa (à droite), procureur de la Cour pénale spéciale de RCA, le 30 juin 2017 à l'Assemblée nationale de Bangui.
(Illustration) Toussaint Muntazini Mukimapa (à droite), procureur de la Cour pénale spéciale de RCA, le 30 juin 2017 à l'Assemblée nationale de Bangui. SABER JENDOUBI / AFP
Publicité

Amnesty regrette dans son communiqué le fait que sur 25 mandats d'arrêt émis par la Cour pénale spéciale depuis sa création en 2015, « un seul a été exécuté jusqu'ici » avec l'arrestation spectaculaire du ministre de l'Élevage centrafricain, Hassan Bouba Ali, le 19 novembre dernier.

Mais cela n'a pas duré longtemps. Accusé de crimes contre l'humanité, l'ex-chef rebelle devenu un des alliés du président centrafricain Faustin-Archange Touadera avait été exfiltré de la prison de la CPS par des gendarmes centrafricains sur ordre « des autorités centrafricaines et en dehors de toute décision judiciaire », dénonce l'ONG américaine. Le président Touadera l'a depuis décoré de l'Ordre national du mérite.

Pour le moment, cette juridiction hybride paritaire entre des magistrats centrafricains et des magistrats internationaux, a gardé secret les noms des 24 autres personnes qui font l'objet de mandats d'arrêt.

« Certains vivraient cachés dans le pays ou en dehors de la Centrafrique, mais d'autres ne sont pas inquiétés », a regretté Abdoulaye Diara, chercheur chez Amnesty International, en estimant que l’affaire Bouba Ali est aujourd'hui « tout un symbole » sur les difficultés qui empêchent la CPS de fonctionner normalement.

L'ONG appelle donc le pouvoir centrafricain et l'ONU à mener de « véritables enquêtes » suivi « de procès équitables » contre tous les responsables présumés d'avoir enfreint le droit international en Centrafrique. De leur côté, les victimes attendent toujours « justice, vérité et réparations », conclut Amnesty.

Nous appelons la CPS, les autorités centrafricaines et la Minusca à se concentrer désormais sur l’exécutions de ces mandats d’arrêt, étant donné que pour la Cour fonctionne, il faut qu’il y ait des personnes à juger…

Abdoulaye Diarra, chercher d'Amnesty pour l'Afrique centrale

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI