En RDC, l’équipe de la Commission électorale nationale indépendante affiche complet

Investis par l’Assemblée nationale après plusieurs semaines de tergiversation, trois représentants de l’opposition - en l’occurrence le Front commun du Congo, mouvement de l'ancien président Joseph Kabila - ont finalement rejoint les rangs. Et ce jeudi 13 janvier 2022, ces trois opposants ont prêté serment devant la Cour constitutionnelle : Didier Manara, Agée Matembo et Jean Ilongo. Une autre frange du FCC ne se sent pas concernée par cet acte.

Devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) le 5 novembre 2017 à Kinshasa.
Devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) le 5 novembre 2017 à Kinshasa. JOHN WESSELS / AFP
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Avec nos correspondants à Kinshasa, Kamanda Wa Kamanda et Patient Ligodi

La Cour constitutionnelle a pris acte du serment de ces nouveaux membres de la Céni. Leurs noms ont été proposés par la Dynamique progressiste révolutionnaire, une sensibilité du FCC, après des discussions houleuses au sein de la plateforme. Ces débats se sont déroulés sous l’œil impassible de l’ex-président Joseph Kabila.

Le jeune Constant Mutamba, leader de la Nogec qui pilote la Dynamique révolutionnaire, explique pourquoi son groupe a opté pour sa présence dans la Céni : « Kabila, c’est une philosophie. Il ne faut donc pas le ramener sur un débat de bas étage. Je crois qu’il en va d’ailleurs de son honneur que de voir le processus électoral se pérenniser. »

C’est un non-événement, rétorque Marie-Ange Mushobekwa, chargée de communication au sein de la cellule de crise mise en place par l’autorité morale Joseph Kabila : « Nous allons continuer à nous battre pour que la loi électorale, qui sera votée lors de la prochaine session de mars, garantisse la transparence des élections. »

Au poste stratégique de questeur, l’opposition a aligné Agée Aje Matembo Toto, 50 ans. Détenteur d’une licence en sciences politiques et administratives, il a occupé de nombreuses fonctions, dont celle ministre de l’Aménagement du territoire.

Les dossiers qui attendent la Céni

L'équipe désormais au complet, les dirigeants de la Céni vont devoir s’attaquer aux gros dossiers. D’emblée, il va falloir rassurer quant à la crédibilité de l’équipe dirigeante. Parmi les plus critiques du processus actuel, il y a les religieux - catholiques et protestants - ainsi que des regroupements politiques comme le FCC de Joseph Kabila et Lamuka de Martin Fayulu et Adolphe Muzito.

Dès la semaine prochaine, la Céni veut organiser un cadre de concertation avec toutes les parties prenantes au processus électoral, pour tenter de créer un climat de confiance et discuter notamment de la nouvelle loi électorale.

Il faudra ensuite actualiser la cartographie électorale, c’est-à-dire identifier la localisation des centres d’inscription des électeurs pour constituer le fichier électoral. Des équipes doivent être déployées sur l’ensemble du territoire national.

L’autre priorité est de faire un état des lieux de la logistique et des équipements sur le terrain pour connaître les besoins avec précision. D'autant qu'il faut organisation les élections des gouverneurs dans une dizaine de provinces.

Mais pour ces opérations, la Céni dit attendre des moyens financiers de la part du gouvernement et l’inquiétude monte car sur ce point, des annonces ont été faites, mais rien n’a été décaissé jusqu'à présent.

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