Côte d’Ivoire: dans le nord, le Premier ministre annonce des investissements en faveur des jeunes

Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi, ici lors d'un discours à Abidjan, le 5 novembre 2021.
Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi, ici lors d'un discours à Abidjan, le 5 novembre 2021. © Issouf Sanogo, AFP

Le Premier ministre ivoirien Patrick Achi s’est rendu dans le nord et nord-est du pays samedi 22 janvier, près de la frontière burkinabè, dans les localités de Tougbo, Kafolo et Kong. Dans cette zone aux prises avec le terrorisme depuis près de deux ans, il a annoncé le deuxième plan social du gouvernement à hauteur de 3 200 milliards de francs CFA sur trois ans, dont une partie ira au développement de la région et à l’insertion des jeunes. Cela pour contrer les velléités d’expansion des jihadistes.

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Avec notre envoyé spécial à Tougbo, Pierre Pinto

Compte tenu de l’enclavement de cette localité desservie par d’interminables pistes de sable, le déplacement interministériel à Tougbo tenait de l’expédition. Si le Premier ministre Patrick Achi et certains ministres se déplaçaient en hélicoptère, ce n’était pas le cas de tous, ni de certains diplomates, hauts fonctionnaires, officiels, ni de la presse.

Jamais probablement cette sous-préfecture, située à 10 km de la frontière burkinabé, n’avait eu autant de visiteurs. Mais le symbole était incontournable pour Patrick Achi qui a donc choisi Tougbo pour annoncer 3 200 milliards de FCFA sur trois ans pour le PSGOUV2, le programme social triennal du gouvernement ivoirien.

Mais surtout, sur ce budget, une partie est consacrée au développement du Nord et à l’insertion socio-professionnelle de ses jeunes. Le gouvernement annonce ainsi qu’au total 32 milliards de francs CFA (soit 50 millions d’euros) seront investis sur trois ans pour plusieurs milliers de jeunes des six régions septentrionales frontalières. Dans son discours Patrick Achi a lancé un appel à la jeunesse, « ni délaissée ni oubliée » promet-il.

Si les villages de cette zone sont pour nombre d’entre eux électrifiés depuis plusieurs années, ce dont se plaignent les habitants - outre l’insécurité - c’est du manque d’eau. Tougbo sera bientôt doté de son château d’eau. D’autres localités plus petites devront attende. Comme Kafolo (2 000 habitants), deux fois la cible des djihadistes en 2020 et 2021, et où a fait escale l’imposante délégation. Là, les habitants espèrent aussi voir bitumée la piste qui traverse leur village. Pour le chef de Kafolo, Bamba Tiémogo, « la route c’est le développement ».

Kafolo a de faux airs de camp retranché. L’ancienne emprise des gardes forestiers abrite maintenant l’armée. Des chicanes ralentissent les rares véhicules qui empruntent la piste qui passe entre le parc de la Comoe et la frontière burkinabé… Et l’entrée est surveillé par un poste de garde. La vie du village est métamorphosée depuis 18 mois.

Reportage : Les habitants de Kafolo vivent en permanence avec la menace jihadiste

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