Violences sexuelles, exécutions... Des Éthiopiens témoignent de l'occupation tigréenne

Des combattants des forces rebelles du Tigré en Éthiopie, juin 2021.
Des combattants des forces rebelles du Tigré en Éthiopie, juin 2021. AFP - YASUYOSHI CHIBA

En Éthiopie, les rebelles tigréens ont occupé pendant près de trois mois le nord de la région Afar, dans le nord du pays. Leur invasion a déplacé 336 000 individus de la zone. Depuis fin avril, les forces tigréennes se sont retirées, laissant derrière elle une province exsangue.

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Avec notre envoyé spécial à Erberti, Noé Hochet-Bodin

Pendant cette nuit de janvier, lorsque les rebelles du TPLF ont pris d’assaut Erebti et ses environs, Assiya Mohammed n’a pas pu fuir, à l’inverse des 26 000 habitants de la ville. « J’ai dix enfants à ma charge, dit-elle. Je ne pouvais pas les laisser derrière. Les Tigréens m'ont surprise donc je suis restée bloquée ici. Personne n’a pu m’aider. »

Selon les chiffres de l’administration locale, Assiya Mohammed et 20 autres femmes ont été abusées sexuellement pendant l’occupation des forces tigréennes. « On avait peur, on pleurait, on n’avait pas le choix. Quand ils ont conquis le lieu, ils abusaient presque tous les jours de nous en pointant leurs armes sur nous. »

Non loin de là, dans la localité de Berhale, un cimetière improvisé a été creusé à l’entrée la ville. Le maire Osman Khalil inspecte les tombes. « Pour la seule localité de Berhale, nous avons enregistré 99 morts civiles. Dans le secteur de Damale, une terre agricole à 21 km d’ici, 28 agriculteurs ont été exécutés. » Dans le nord de l’Afar, environ 250 civils auraient été tués, à la fois dans les combats et pendant l’occupation qui s’est ensuivie.

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