RDC: plus de 15 000 civils massacrés ces 15 dernières années au Nord–Kivu et en Ituri

Le drapeau national de la République démocratique du Congo sur l'épaule d'un colonel congolais le 8 décembre 2021.
Le drapeau national de la République démocratique du Congo sur l'épaule d'un colonel congolais le 8 décembre 2021. AFP - SEBASTIEN KITSA MUSAYI

Plus de 15 000 civils ont été tués ces 15 dernières années dans le territoire de Beni, au Nord–Kivu, ainsi qu'à Irumu et Mambasa en Ituri, des zones sous l'influence du groupe armé Forces démocratiques alliés (ADF) d'origine ougandaise. C'est le contenu d'un rapport parlementaire dévoilé ce lundi à Kinshasa par deux députés de la majorité présidentielle,Tembos Yotama et Mbenzé Mbusa.

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Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

De 2008 à 2012, les massacres ont été de moindre intensité, soit 1% des 15 500 victimes recensées ces dernières années. Puis entre 2013 et 2018, les compteurs ont explosé jusqu’à plus de 8 000 morts, selon le rapport. Le document d’un millier de pages souligne que certaines localités ont été visitées par l'ADF à de nombreuses reprises en une année. « En 2020 par exemple, 989 attaques ont été enregistrées dans 280 agglomérations, explique le député Mbusa Mbenze. Ces attaques ont causé 2 695 victimes. En 2021, 1019 attaques ont été enregistrées et elles ont fait 4 428 victimes. »

Chose rare, le rapport comporte les noms de toutes les victimes, ainsi que des images. Il pourrait donc servir comme preuve devant la justice. « Plus le temps passe, plus on oublie, nous rappelle le député Tembos Yotama. Mais au moins, aujourd’hui, dans la zone sous le joug des ADF (ou présumés ADF), si on cherche les 15 000 personnes, on peut les trouver dans ce rapport. On peut identifier leurs adresses parce qu’un jour, il faudrait que justice soit faite. »

Le tiers des 15 000 victimes ont été enregistrées en 11 mois d’état de siège dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, et à Irumu et Mambasa dans l’Ituri. Une mesure exceptionnelle instaurée depuis plus d'un an, que les auteurs du rapport, bien qu’issus de la majorité au pouvoir, contestent.

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