Mali: le Conseil de sécurité de l’ONU examine le renouvellement du mandat de la Minusma

Véhicule des casques bleus de la Minusma entre Mopti et Djenné, dans le centre du Mali, le 28 avril 2019 (photo d'illustration).
Véhicule des casques bleus de la Minusma entre Mopti et Djenné, dans le centre du Mali, le 28 avril 2019 (photo d'illustration). © MICHELE CATTANI / AFP

Le mandat de la Minusma, la mission onusienne de maintien de la paix au Mali, expire à la fin du mois (le 30 juin). La question de son renouvellement sera débattue par le Conseil de sécurité des Nations unies ce lundi 13 juin avant d'être soumise au vote le 29. La Minusma est présente dans le pays depuis 2013, elle compte actuellement près de 15 000 casques bleus et policiers, mais les relations avec Bamako se sont dégradées au cours des derniers mois.

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Du côté malien comme du côté onusien, le renouvellement du mandat de la Minusma est souhaité. Toutes les déclarations officielles vont en ce sens. Dans les faits, c’est un peu plus compliqué.

Les cadres de la Minusma s’inquiètent de la considérable restriction du champ d’action de la mission. Une vaste zone d’exclusion aérienne est imposée par Bamako depuis la mi-janvier dans le centre du pays. D’une manière générale, les exigences pour obtenir des autorisations de vol sont de plus en plus pénalisantes, plusieurs contingents ouest-africains de casques bleus se sont d’ailleurs retrouvés bloqués au Mali, en fin de mission, alors qu’ils devaient rentrer chez eux.  

Surtout, les équipes onusiennes se voient refuser l’accès à de nombreuses parties du territoire. C’est le cas de plusieurs sites où l’armée malienne est soupçonnée d’exactions contre des civils. Et le cas le plus emblématique, c’est le village de Moura.

Augmentation des violences contres les civils

Les Fama y affirment avoir tué 203 jihadistes fin mars. Mais de nombreux témoignages font état du massacre de plus de 300 civils, par l’armée malienne et par ses supplétifs russes. La Minusma a donc ouvert une enquête, mais n’a jamais été autorisée à se rendre sur place.

C'est que le travail de la division droits de l’homme de la Minusma n’est pas perçu d’un bon œil par les autorités de transition. Cette division enquête sur les violences commises contre les civils par les groupes jihadistes, par les groupes armés d’auto-défense, les groupes signataires de l’accord de paix, par les forces internationales et par l’armée malienne. Or un rapport publié fin mai a suscité la colère de Bamako. Il pointait l’explosion des exactions de l’armée : 249 personnes tuées entre janvier et mars dernier, selon ce rapport, par les Fama et, dans certains cas, leurs nouveaux alliés russes. Dix fois plus qu’au trimestre précédent.

Bamako a catégoriquement démenti toute allégation d’exaction, et dénoncé une volonté de ternir l’image des forces nationales.

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