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Togo: deux journalistes en garde à vue après la plainte d'un ministre

Les journalistes Loïc Lawson et Anani Sossou sont en garde à vue depuis lundi soir, après avoir été convoqués et entendus pendant plusieurs heures lundi par la brigade de recherches et d'investigations suite à une plainte du ministre de l'Urbanisme Adedzé Kodjo. Quelques jours plus tôt, dans une publication sur les réseaux sociaux, les deux journalistes avaient évoqué le vol de plusieurs centaines de millions de francs CFA dans une maison du ministre. Une affaire qui fait beaucoup de bruit au Togo,

Une rue de Lomé, au Togo (image d'illustration)
Une rue de Lomé, au Togo (image d'illustration) Godong/Universal Images Group via Getty Images
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Au début du mois, Loïc Lawson, directeur du Flambeau des démocrates, et le journaliste blogueur Anani Sossou, évoquent sur les réseaux sociaux un vol, chez le ministre de l'Urbanisme. Ils affirment que le montant du préjudice subi par Adedzé Kodjo pourrait approcher les 400 millions de francs CFA, l'équivalent de 600 000 euros, avant de préciser finalement que l'enquête en cours permettra de connaitre le montant exact.

Le ministre porte plainte pour diffamation et atteinte à l'honneur. Les deux journalistes sont convoqués par la Brigade de recherches et d'investigations lundi matin pour être entendus, puis placés en garde à vue le soir.

La section togolaise de l'Union de la presse francophone, dont Loïc Lawson est le président, rappelle que des mécanismes, comme la HAAC ou l'Observatoire togolais des médias, peuvent être activés dans ce genre de différends. « Le contournement de ces instances par le ministre pour engager des poursuites judiciaires directes est une préoccupation majeure », écrit l'UPF, qui rappelle qu'Adedzé Kodjo a déjà porté plainte contre d'autres journalistes.

Le PPT s'indigne et exprime toutes ses inquiétudes face à cette nouvelle situation, cette nouvelle épreuve que traverse la corporation. Pour nous, le ministre qui se dit diffamé a le droit de se défendre, mais la privation de liberté ne doit pas être la règle.

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Honoré Adontui, le président du Patronat de la presse privée togolaise

Peter Dogbe

Plusieurs organisations de la société civile togolaise s'interrogent, par ailleurs, sur la présence éventuelle d'une importante sommes d'argent au domicile d'un ministre et demandent qu'une enquête soit ouverte pour faire toute la lumière sur cette affaire.

 L'Organisation de défense des droits des journalistes, Reporters sans frontières, appelle à leur libération immédiate. Son directeur pour l'Afrique subasaharienne, Sadibou Marong, a été joint au téléphone par Guilhem Fabbry, de la rédaction Afrique.

Ils ont accès à des informations souvent de première main. Je ne pense pas que le type de journalisme qu'ils font soit un journalisme au rabais. Je pense que c'est fondamentalement des personnes qui en toute honnêteté sont allées jusqu'à reconnaître que peut-être, sur une information donnée, il y a eu une erreur. Et les signes que nous voyons émerger montrent une volonté des autorités de contourner la loi sur la presse, pour arrêter et détenir des journalistes alors que dans ce cadre-là, les délits de presse sont dépénalisés. Le Togo a ce qu'on appelle l'Observatoire togolais des médias, c'est également un pays qui a la haute autorité de l'audiovisuel et de la communication. Cela pourrait être utilisé pour résoudre les différends liés à la diffamation mais là, en l'espèce, on ne le voit pas.

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Sadibou Marong (RSF): «Nous sommes convaincus du professionalisme de ces deux journalistes»

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