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Côte d'Ivoire

Laurent Gbagbo arrêté, début de polémique

Laurent Gbagbo, dans une chambre de l'Hôtel du Golf, peu après son arrestation le 11 avril 2011
Laurent Gbagbo, dans une chambre de l'Hôtel du Golf, peu après son arrestation le 11 avril 2011 Reuters
Texte par : RFI Suivre
11 mn

Le président sortant Laurent Gbagbo a été arrêté ce lundi 11 avril 2011 par les forces pro-Ouattara soutenues par l'Onuci et la force Licorne, a annoncé le ministre français de la Défense, Gérard Longuet. Alain Toussaint, un porte-parole de Laurent Gbagbo, affirme, au contraire, qu'il a été arrêté par les forces françaises et remis « aux chefs de la rébellion ». L'ambassadeur de France à Abidjan a confirmé l'arrestation et a indiqué que Laurent Gbagbo avait été transféré à l'Hôtel du Golf, en compagnie de son épouse.

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Laurent Gbagbo et ses proches ont été arrêtés vers 11h, heure locale, à la résidence présidentielle d’Abidjan.  « Nous avons réussi à ouvrir la cave où il était retranché avec sa femme, sa mère, sa famille, et de hauts cadres du FPI », explique Sidiki Konaté. Le porte-parole de Guillaume Soro poursuit : « Nous l'avons ensuite conduit à l'Hôtel du Golf pour le mettre à la disposition du président Ouattara ».

La TCI, télévision d’Alassane Ouattara à Abidjan, a ensuite diffusé des images de son arrivée à l'Hôtel du Golf. On y voit un Laurent Gbagbo, visiblement fatigué, sonné, en nage et qui demande à changer de chemise ; ce qui est fait. Certaines photos le montrent l'oeil droit gonflé, d'autres présentent son épouse Simone prostrée, les yeux rougis et une partie de ses tresses arrachée. D'après le journal Le Monde, l'ex-Première dame a été malmenée. Ce lundi soir, selon l'Onu, leur sécurité a été assurée par des gendarmes des Nations unies.
 

Le récit d'un témoin qui a assisté à l'arrivée de Laurent Gbagbo à l'Hôtel du Golf

Polémique : qui a arrêté Laurent Gbagbo ?

Qui, des Forces républicaines ou de la force Licorne, est allé chercher Laurent Gabgbo dans sa résidence ?

Pour Guillaume Soro, le Premier ministre ivoirien, ce sont les Forces républicaines ivoiriennes qui sont intervenues.

Je vous confirme que ce sont bel et bien les Forces républicaines de Côte d'Ivoire qui sont allées chercher Laurent Gbagbo dans son bunker.

Guillaume Soro

Une version totalement démentie par le porte-parole de Laurent Gbabgo, selon lequel l'ex-président s'est rendu, sans résistance ni combat, mais aux forces françaises.

Ce matin, c'est la force Licorne qui est intervenue (...) mais personne ne veut assumer.

Ahoua Don Mello

A Paris, le chef d'état-major français insiste sur le fait qu'il n'y a eu « aucun rôle particulier des forces spéciales françaises » dans l'arrestation de Laurent Gbagbo. « A aucun moment les forces françaises n'ont pénétré dans les jardins ou la résidence présidentielle », ajoute l'état-major.
Mais le ministre français de la Défense, Gérard Longuet ,a reconnu que l'engagement de l'Onuci et de Licorne avait bien été un « soutien » aérien et au sol avec notamment 20 blindés, à l'offensive des pro-Ouattara.

Et en effet, ce qui est certain, c'est que les militaires français ont lancé ce lundi matin une opération terrestre d’envergure. Selon des témoins, c'est une trentaine de chars et de blindés de l'Opération Licorne qui ont mis le cap sur Cocody, ce lundi matin, et se sont positionnés dans le quartier autour de la résidence présidentielle, épaulés par des hélicoptères français. Les tirs ont été violents selon des habitants.

Parallèlement, les forces pro-Ouattara étaient elles aussi reparties à l'offensive.

Ça a été très violent (...) Vous entendez les tirs ?

Témoignage d'un habitant d'Abidjan, proche du palais présidentiel

Une offensive généralisée qui avait été lancée dès dimanche soir, quand les hélicoptères de combat de l'Onuci et de Licorne avaient pilonné les bastions des forces fidèles au président sortant, officiellement pour détruire les armes lourdes du camp Gbagbo.
 

Au 12e jour de la bataille d'Abidjan, Laurent Gbagbo a donc cédé. Selon notre envoyé spécial, on a pu assister à des scènes de liesse dans les quartiers nord d'Abidjan. Ailleurs, dans la zone au plus fort des combats des derniers jours, RFI a pu joindre des Abidjanais encore abasourdis, soulagés que les armes se taisent, mais pour certains pas encore tout à fait rassurés. Un habitant du quartier de la résidence affirme que des miliciens pro-Gbagbo se sont simplement cachés. Dans certains quartiers des partisans du président sortant disent, en revanche,  craindre des représailles et avoir été clairement menacés. 

 

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