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Super Tuesday aux États-Unis: la stratégie centriste a favorisé Joe Biden

Des bulletins de vote en langues étrangères destinés aux migrants qui votent lors du Super Tuesday, Chula Vista, Californie, le 3 mars 2020.
Des bulletins de vote en langues étrangères destinés aux migrants qui votent lors du Super Tuesday, Chula Vista, Californie, le 3 mars 2020. REUTERS/Bing Guan
Texte par : RFI Suivre
23 mn

Le Super Tuesday se solde chez les démocrates par un duel puisque seuls deux candidats se détachent et gagnent des États parmi les 14 en lice : Joe Biden et Bernie Sanders. Le sénateur du Vermont résiste, mais Joe Biden qui remporte 9 États a l'avantage.

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Joe Biden a surfé sur la dynamique, enclenchée samedi dernier lors de sa victoire en Caroline du Sud. Les Américains parlent de « momentum ». Donné pour mort politiquement, il y a encore quelques jours, le vice-président s'est imposé dans tous les États où l'électorat noir est important, Oklahoma, Arkansas, Tennessee, Alabama, Caroline du Nord, Virginie.

Édition spéciale Super Tuesday [ 8h10/8h30] Partie 1-040320

Ces électeurs ont manifestement opté pour le vote utile : choisir celui qui a la plus grande chance de battre Donald Trump. Joe Biden leur vend depuis le début de sa campagne l'héritage Obama, martèle qu'il va les débarrasser de Donald Trump, que cette présidence sera une parenthèse et que le pays pourra reprendre le fil de l'histoire interrompu en 2016.

Faire bloc autour de Biden, la stratégie centriste

Joe Biden s'impose aussi au Texas et c'est le jack pot car c'était le deuxième mastodonte en termes de délégués, victoire aussi dans le Minnesota, le Massachussetts, preuve que la stratégie des centristes de faire bloc autour de Biden s'est révélée gagnante. Joe Biden bénéficie du ralliement lundi soir du Texan Beto O'Rourke, de la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar et de Pete Buttigiege.

Pour Bernie Sanders, le constat est rude : comme il y a quatre ans, il n'a pas réussi à percer dans l'électorat noir. Il décroche le Vermont, l'État dont il est le sénateur, ainsi que le Colorado et l'Utah, porté par l'électorat hispanique. Mais le porte-étendard de l'aile progressiste résiste cependant en remportant le gros lot en terme de délégués avec une victoire annoncée en Californie.

Joe Biden va tenter d'élargir sa coalition explique Célia Belin, politologue, chercheuse à la Brookings Institution :

« La campagne de Bernie Sanders est une campagne d’idées, une campagne qui veut peser dans le débat, analyse Célia Belin, chercheuse à la Brookings Institution. Il veut pouvoir faire comme il a pu faire en 2016. En 2016, il espérait l’emporter, mais ce qu’il veut aussi c’est pouvoir jouer sur la plateforme démocrate, c’est pouvoir structurer les équipes qui vont se dessiner derrière Joe Biden. Ce qui est très probable, c’est que Joe Biden maintenant va essayer d’élargir sa coalition et de commencer à intégrer les idées progressistes de Bernie Sanders s’il veut réellement gagner. »

RFI : Est-ce que cela veut dire qu’en l’état, Joe Biden n’a pas de programme ?

« Joe Biden, à mon avis, est le récit de qui peut gagner. Qui pour battre Donald Trump. Et son programme sera façonné par l’équilibre des forces du reste du parti démocrate. C’est à ça qu’il sert. »

RFI : Ce sera un compromis ?

« Non, Joe Biden est une sorte de coquille vide, et c’est comme ça qu’il se vend. C’est-à-dire : venez reverser en moi tous les programmes, toutes les idées que vous voulez avoir, parce que c’est moi qui pourrais construire cette coalition majoritaire. »

Les résultats complets et en direct

À lire aussi : Qu’est-ce que le « Super Tuesday » ?

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