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Haïti en ordre dispersé face au coronavirus

D'après Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien haïtien Le Nouvelliste, Haïti «risque le premier pays très faible que le virus rencontrera sur sa route». (photo d'illustration)
D'après Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien haïtien Le Nouvelliste, Haïti «risque le premier pays très faible que le virus rencontrera sur sa route». (photo d'illustration) CHANDAN KHANNA / AFP
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Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien haïtien Le Nouvelliste, décrit dans son édito de ce jeudi 19 mars la désorganisation des autorités face à la menace du Covid-19. Haïti, explique-t-il, risque d’être « le premier pays très faible que le virus rencontrera sur sa route ».

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Pour Frantz Duval, Haïti se trouve sur la « courte liste des pays qui jouent leur avenir à pile ou face ». C’est d’ailleurs le titre de son édito. Le rédacteur en chef du journal Le Nouvelliste regrette que les autorités politiques de son pays, comme celles du Brésil et du Mexique, « ne prennent pas encore toute la mesure de la menace du Covid-19 ».

D’autres pays, explique-t-il, ont mis du temps à réagir, à l’image du Royaume-Uni et des États-Unis. « Mais ils ont les moyens de réagir. De gros moyens ». Haïti, minée par une crise politique, économique et sociale, n’a toujours pas officiellement repris de relations avec les bailleurs de fonds.

Dimanche 15 mars, le gouvernement a annoncé la fermeture de la frontière avec la République dominicaine et la suppression de quasiment tous les vols vers et à destination de l’étranger. Mais les liaisons avec les États-Unis, où les cas se multiplient, sont toujours assurées.

« Chaque institution, chaque famille décide seule de la marche à suivre »

Quid des autres mesures ? « Tout autour de nous, en Amérique, sans cas avéré, certains pays ont appliqué les deux remèdes qui protègent du Covid-19 : la prévention et le confinement », écrit Frantz Duval. « En Haïti, on lambine. On attend », juge-t-il. « Les orchestres, les ambassades, les écoles internationales, les restaurants, les institutions culturelles, chaque famille, décident seuls de la marche à suivre ».

Dans les agglomérations, les transports en commun fonctionnent normalement. Seules les banques, selon le journaliste, ont commencé à demander à leurs clients de s’espacer dans les files d’attente. Pas de programme de sensibilisation non plus, à l’exception d’opérations prévues samedi 21 et 28 mars.

« Bien entendu, il n’est pas possible aujourd’hui d’acheter des millions de masques, des milliers de respirateurs artificiels, de construire des hôpitaux ou de former des centaines de médecins et d’infirmières », consent Frantz Duval.

« On n’a ni le temps, ni l’argent, ni même l’intention de le faire. Restent les deux remèdes, quasi gratuits, que sont l’information abondante et le confinement préventif. On hésite à s’en servir. Même la décision gouvernementale annoncée mercredi soir d’interdire les rara, ces fêtes populaires dans les provinces, ne s’explique pas quand on sait que la vie continue sans entrave dans les grandes villes surpeuplées », juge le journaliste.

Une attitude qui rappelle, selon lui, l’attitude des autorités haïtiennes en 2010 : « Des mois avant le séisme, en dépit des prédictions et alertes des experts, aucun responsable haïtien n’avait établi de plan pour savoir quoi faire en cas de catastrophe ni pour parer au pire ».

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