Pénurie de cercueils en Équateur, les prisonniers mis à contribution

Des cercueils en carton au cimetière de Guayaquil, en Equateur. (Le 08 avril 2020).
Des cercueils en carton au cimetière de Guayaquil, en Equateur. (Le 08 avril 2020). REUTERS/Vicente Gaibor

La semaine dernière, la multiplication de cadavres a totalement débordé les pompes funèbres et services publics à Guayaquil, la principale ville d'Équateur. Faute de mieux, l’industrie cartonnière a proposé des milliers de cercueils en carton mais la population n'est pas satisfaite. Les prisons ont été mis à contribution.

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De notre correspondant en Equateur, Eric Samson

Les cours de menuiserie étaient destinés à faciliter la réinsertion professionnelle des personnes privées de liberté mais, dans six prisons équatoriennes,ils ont trouvé une application plus solidaire en ces temps de pandémie. Plus de cent prisonniers ont commencé à élaborer des cercueils grâce au matériel dont ils disposaient dans les ateliers. C’est ensuite le ministère de l’Environnement qui leur a remis plus de 700 m3 de bois en bon état saisis lors de plusieurs opérations de contrôle contre les trafiquants de bois précieux.

Cela devrait suffire pour fabriquer plus de 350 cercueils mais les besoins sont immenses. Le mois dernier, rien qu’à Guayaquil et la province du Guayas, 1 500 certificats de décès supplémentaires ont été délivrés par rapport au mois de février.

Comme toujours en période de pénurie, les abus ne manquent pas. Certaines pompes funèbres proposent des cercueils à 100, voire 1500 dollars, un tarif inabordable pour les plus pauvres. C’est à eux que seront donnés en priorité les cercueils fabriqués dans les prisons.

Le directeur du Service national d’attention intégrale aux personnes adultes privées de liberté et adolescents en infraction l’a confirmé sur Twitter: les premiers cercueils seront prêts la semaine prochaine.

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