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ONU: il n’y a pas eu de «trêve mondiale» sur fond de pandémie

Au Yémen, pays en guerre, on se protège du coronavirus, mais également des balles dans la capitale Sanaa, le 6 mai 2020.
Au Yémen, pays en guerre, on se protège du coronavirus, mais également des balles dans la capitale Sanaa, le 6 mai 2020. REUTERS/Khaled Abdullah
4 min

Le 23 mars dernier, Antonio Guterres appelait à un cessez-le-feu généralisé dans le monde pour unir les efforts des États contre le coronavirus. Deux mois plus tard, le secrétaire général de l’ONU reconnait l’absence de progrès. L’adoption d’une résolution au Conseil de sécurité a été paralysée par le bras de fer entre les États-Unis et la Chine.

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Déposer les armes pour lutter contre un ennemi commun, le coronavirus, c’est le sens de l’appel solennel lancé le 23 mars par le n°1 des Nations unies, Antonio Guterres. « Cela risque d’être un échec mais nous allons tout faire pour l’éviter », déclare quelques jours plus tard le secrétaire général de l’ONU dans un entretien à RFI et France 24. « Il faut faire pression sur les acteurs de la guerre pour qu’ils comprennent notre ennemi c’est le virus, ce ne sont pas les hommes et femmes qui vivent dans les zones de conflit », dit-il.

Alors que la pandémie fait rage, plusieurs États et groupes armés expriment leur soutien à l’idée d’une trêve, on observe alors des lueurs d’espoir pour le Yémen, pour le Cameroun, pour les Philippines. Mais deux mois plus tard, le constat est décevant Antonio Guterres reconnait et déplore que son appel n’a pas été suivi d’actions concrètes.

Bras de fer Chine-États-Unis

Les conflits se sont poursuivis sur le terrain alors que le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas été en mesure de s’entendre sur une résolution reprenant l’appel au cessez-le-feu. Un texte a bien été préparé par la France et la Tunisie, mais il s’est retrouvé bloqué pour cause de bras de fer entre les États-Unis et la Chine. Sur fond de tension croissante entre les deux puissances, c’est la question de la mention – ou non – de l’Organisation mondiale de la santé qui a suffi à paralyser le Conseil de sécurité. Pour Washington pas question de citer l’OMS à l’heure où les États-Unis suspendent leur financement à cette agence onusienne. Une position américaine inacceptable pour Pékin.

« Voir ces deux pays ne pas se mettre d’accord sur une résolution assez simple cela illustre la dégradation de la relation entre les deux pays », commente Robert Malley, ancien conseiller des présidents américains Clinton et Obama. Aujourd’hui, Robert Malley préside International Crisis Group, une ONG qui travaille à la prévention des conflits. ICG et d’autres organisations ont signé un communiqué commun jugeant « honteuse » cette paralysie du Conseil de sécurité dans un moment aussi particulier.

Au Conseil de sécurité le « monde d’après » ressemble beaucoup à celui d’hier, ce qui « nous rappelle que l’ONU est une organisation faite d’États : s’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord, l’ONU en tant qu’organe collectif ne peut pas exister », analyse Alexandra Novosseloff, Chercheur associé au Centre Thucydide de l’Université Paris II. « Le Conseil de sécurité qui est le centre politico-sécuritaire ne peut pas fonctionner si les grands États sont complètement divisés », poursuit cette spécialiste des Nations Unies.

Davantage de « résilience » et de «coopération »

Deux mois après l’appel d’Antonio Guterres, la France assure que son projet de résolution rédigé avec la Tunisie pour une trêve globale est toujours sur la table. Mais Paris qui prend au mois de juin la présidence tournante du Conseil de sécurité ne semble pas en faire une priorité.

Jeudi 28 mai, une cinquantaine de dirigeants de la planète ont plaidé pour davantage de « résilience » et de « coopération » dans le monde d'après la pandémie, lors d'une vaste visioconférence de l'ONU sur le financement du développement. États-Unis, Chine et Russie n'y ont pas participé. Sur fond de « crise du multilatéralisme, il faudrait que les États et notamment ceux du Conseil de sécurité soient unis pour apporter des réponses communes », estime Chloé Maurel, Docteur en Histoire. Pour cette spécialiste des Nations Unies, l’unité est d’autant plus souhaitable que « cette crise est multiforme car elle va toucher les questions alimentaire et sociale, avec le développement du chômage. Donc toutes les agences de l’ONU comme l’OMS pour la santé, la FAO pour l’alimentation, l’Unesco pour l’éducation, l’OIT pour le travail, le HCR pour les réfugiés ont un rôle déterminant à jouer ».

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