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La revue de presse des Amériques

À la Une: «Juneteenth»: bientôt un jour férié aux États-Unis?

Le soleil se lève sur le Lincoln Memorial ce 19 juin, jour qui célèbre l'émancipation des esclaves afro-américains par Lincoln il y a plus d'un siècle et demi, à Washington.
Le soleil se lève sur le Lincoln Memorial ce 19 juin, jour qui célèbre l'émancipation des esclaves afro-américains par Lincoln il y a plus d'un siècle et demi, à Washington. Reuters/Jonathan Ernst
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Le mot « Juneteenth » est à la Une de toute la presse américaine ce vendredi 19 juin. Il s’agit de la contraction de june et nineteenth, c’est-à-dire 19 juin en français. Ce jour est « à la fois une célébration, une commémoration et une parabole » écrit le Boston Globe. « Selon la légende, ce jour-là, en 1865, les troupes de l'Union sont arrivées au Texas et ont informé les esclaves qu'ils étaient libres, que l'esclavage avait pris fin ​​​​​​​», plus de deux ans plus tôt. Bon avec le recul, poursuit le journal, « ​​​​​​​on peut douter que les esclaves du Texas ignoraient que l'esclavage avait été aboli ​​​​​​​», « ​​​​​​​il est plus juste de considérer cette date comme le jour où la force nécessaire est arrivée pour faire de leur libération une réalité ​​​​​​​». À noter un long papier très intéressant qui revient sur l’histoire de cette date, en détails, sur le site Vox.com.

Cependant, « les promesses de la fin de la guerre civile n'ont toujours pas été tenues ​​​​​​​», écritle Boston Globe. « ​​​​​​​Les droits civils, les droits économiques et le droit de vote ont été bafoués pendant un siècle et, d'une certaine manière, le sont toujours. Ce 19 ​​​​​​​juin, les Américains descendent dans la rue et se battent à nouveau pour cette insaisissable idée de liberté ​​​​​​​». « ​​​​​​​Si le 4 ​​​​​​​juillet est un jour de célébration de nos rêves de liberté ​​​​​​​» - c’est le jour de l’Indépendance aux États-Unis - « ​​​​​​​alors ce 19 ​​​​​​​​​​​​​​juin est un miroir d’une réalité bien moins idyllique ​​​​​​​». Et cette date sera, dans le contexte du mouvement Black Lives Matter, « ​​​​​​​peut-être la plus célébrée depuis des décennies ​​​​​​​», écrit USA Today.

Un jour férié dans certaines entreprises

Certains militent pour que ce jour devienne un jour férié au niveau fédéral. C’est le cas d’Usher, la star du R&B, qui publie une longue tribune dans le Washington Post, ce vendredi. « ​​​​​​​La date de l'indépendance pour notre peuple, le peuple noir, est en fait le 19 juin 1865 ​​​​​​​», écrit-il. Une date qu’il n’a connu que très tardivement, il y a une dizaine d’années. En grandissant dans le Tennessee, explique-t-il, « ​​​​​​​on m'a enseigné à l'école une version de l'histoire des États-Unis qui excluait fréquemment l'histoire de ma famille et de ma communauté ​​​​​​​». « ​​​​​​​Reconnaître le 19 juin comme une fête nationale serait un petit geste par rapport aux besoins sociaux bien plus importants des Noirs en Amérique. Mais cela peut nous rappeler notre cheminement vers la liberté et le travail que l'Amérique doit encore accomplir. ​​​​​​​»

La date est déjà fériée au Texas. Usher rappelle que certains sénateurs tentent de faire passer cette loi au niveau de leurs États, comme au Minnesota ou encore en Californie. Le projet coince pour l’instant au niveau fédéral. Le vrai changement viendra-t-il des entreprises ​​​​​​​? s’interroge USA Today. Certaines grandes entreprises comme Twitter, Nike, le New York Times ou encore le Washington Post, ont décidé de donner un jour de congé payé à leurs employés le 19 juin.

Colombie : perpétuité pour les viols et homicides d’enfants

La presse colombienne revient ce vendredi sur une « ​​​​​​​décision historique ​​​​​​​» au Congrès. Historique sur la forme et sur le fond, écrit El Tiempo. Sur la forme, c’est la première réunion virtuelle des parlementaires, en raison de la pandémie. Historique sur le fond aussi, puisque les sénateurs ont décidé de permettre de condamner à perpétuité les personnes coupables de viols et d’homicide d’enfants. Cela revient, explique le journal colombien, à modifier l’article 34 de la Constitution, qui interdisait les peines à perpétuité, le maximum était de 60 ​​​​​​​ans de prison. Et ça, c’est un vieux débat en Colombie. « ​​​​​​​22 ​​​​​​​projets de loi ​​​​​​​» avaient échoué jusqu’ici, rappelle El Tiempo. Jeudi, tous les parlementaires qui étaient présents ont voté pour, un petit groupe qui s’opposait au projet de loi s’est abstenu en quittant la salle.

►​​​​​​​ À lire aussi : Le Parlement colombien vote la prison à vie pour les violeurs et assassins d'enfants 

Le texte doit maintenant être parafé par le président Ivan Duque, qui le soutient officiellement, et la Cour constitutionnelle doit aussi contrôler sa validité. Ensuite, le gouvernement disposera d'un an pour réglementer sa mise en œuvre, écrit Semana. Le quotidien précise que « ​​​​​​​les détenus auront la possibilité de demander une révision de leur peine après 25 ans d'emprisonnement ​​​​​​​». À noter ​​​​​​​: le parti conservateur veut présenter un projet de loi le mois prochain qui prévoirait la même peine pour les féminicides. Rien qu’entre janvier et mai cette année, 315 ​​​​​​​femmes ont été assassinées selon les chiffres officiels.

Équateur : un ordinateur pour sept

Comme un peu partout dans le monde, le confinement accroît la fracture entre les villes et les campagnes en Équateur, notamment sur le plan de l’éducation. La Hora raconte que « ​​​​​​​dans la maison de Pilar Tisalema, bien qu'il n'y ait pas beaucoup d'argent pour la nourriture, après plus de deux mois de confinement, il a été décidé d'installer Internet pour que les enfants ne manquent pas les cours virtuels ​​​​​​​». Résultat, ils sont désormais sept sur l’ordinateur ​​​​​​​: les trois enfants, deux neveux et deux enfants du voisinage. Cela rend l’apprentissage compliqué, car ces jeunes n’ont pas tous le même niveau.

Le grand défi pour l’Équateur, estime une sociologue, c’est de repenser l’éducation pour lutter contre l’analphabétisme. Il touche aujourd’hui plus de 660 ​​​​​​​000 personnes de plus de 15 ​​​​​​​ans dans le pays, alors que le pays avait déclaré avoir vaincu l’analphabétisme en ​​​​​​​2009. El Comercio, autre journal équatorien, indique que le président Lenin Moreno a annoncé jeudi que les écoles rurales de la Costa, la partie côtière de l’Équateur, rouvriraient progressivement à partir du 15 ​​​​​​​juillet. Mais ce retour à l’école ne sera pas obligatoire.

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