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Coronavirus: l'état du monde face à la pandémie du 22 au 28 juin

Des passagers masqués prennent place dans le métro de Sao Paulo, au Brésil, un pays durement touché par le coronavirus, le 25 juin 2020.
Des passagers masqués prennent place dans le métro de Sao Paulo, au Brésil, un pays durement touché par le coronavirus, le 25 juin 2020. Amanda Perobelli/Reuters
Texte par : RFI Suivre
10 min

Avec près de 500 000 morts et plus de 10 millions de contaminés dans le monde, la pandémie de coronavirus a pris encore un peu plus d’ampleur durant la semaine qui vient de s’écouler. Dans certains États américains, au Brésil et en Inde, la situation s’aggrave. Plusieurs pays d’Europe voient leurs mauvais chiffres repartir à la hausse. En Allemagne et en Chine, les autorités ont ordonné le reconfinement de certaines régions. Et partout, les spécialistes appellent à la vigilance et au respect de règles sanitaires de plus en plus oubliées.

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La pandémie de coronavirus « continue de s’accélérer » et les effets de la crise générale qu’elle provoque « se feront sentir sur des décennies », a prévenu Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lundi 22 juin. Les indicateurs sont négatifs à la fin d’une semaine difficile dans plusieurs pays du monde.

Jeudi 25 juin, encore, l’OMS révélait que la situation en Europe était très préoccupante après « une augmentation du nombre de cas hebdomadaires pour la première fois depuis des mois ». « 30 pays ont vu augmenter le nombre de nouveaux cas cumulés au cours des deux dernières semaines. (…) Dans 11 de ces pays, l’accélération de la transmission a entraîné une recrudescence très importante qui, si elle n’est pas maîtrisée, poussera les systèmes de santé au bord du gouffre une fois de plus », avertit l’organisation.

Les régions ou pays où la pandémie recule

Avec plus de 34 700 décès et près de 240 000 contaminations, l’Italie compte parmi les pays les plus durement touchés. La maladie semble désormais maîtrisée. Les autorités ne déplorent plus que 18 à 30 décès par jour. L’inquiétude n’est pas levée, comme en témoignent les tensions dans la région de Naples où la police a dû intervenir en fin de semaine après la découverte d’un foyer épidémique à Mondragone (Campanie), où un quartier a été reconfiné. Mais l’Italie se relève. Giuseppe Conte, le Premier ministre, a annoncé la réouverture des écoles pour le 14 septembre. Les établissements scolaires pourront à nouveau accueillir les écoliers en veillant à respecter des règles très strictes.

En Espagne, on observe attentivement trois foyers de contagion jugés préoccupants, mais la vie a repris son cours. Toute la population a été déconfinée dimanche 21 juin, et d’après Fernando Simon, épidémiologiste en chef du ministère de la Santé, « une grande partie de la transmission du virus en Espagne » est sous contrôle. Les autorités sanitaires sont aussi mieux armées, avec une « capacité de réaction bien plus rapide » qu’au début de l’épidémie.

Le déconfinement du Royaume-Uni avance à petits pas. Le 4 juillet, restaurants, pubs et autres hôtels doivent reprendre leur activité. Les efforts ont payé dans le pays d’Europe le plus touché – plus de 43 000 morts  , mais cette semaine, le gouvernement a dû hausser le ton face à certains comportements qui ont scandalisé : des plages bondées durant un pic de chaleur, des milliers de supporters du FC Liverpool fêtant le titre de champion d’Angleterre de leur club (le premier depuis 30 ans) au mépris des règles de distanciation sociale… Ce relâchement irrite, au moment même où le Premier ministre Boris Johnson échafaude son plan de relance. Dimanche 28 juin, le Sunday Times évoque un probable confinement à venir de la ville de Leicester (Leicestershire), en raison d’une recrudescence de contaminations.

En France l’aéroport d’Orly a repris partiellement son activité le 26 juin, et le second tour des municipales a pu se tenir le 28. Les chiffres des décès et des contaminations sont toujours surveillés de près : environ 29 700 morts et plus de 192 000 malades au dernier bilan. Localement, les situations diffèrent. Ainsi, après l’Italie et Andorre, la France est le troisième pays d’Europe à accueillir des médecins venus de Cuba. 15 praticiens sont arrivés vendredi 26 juin en Martinique, pour aider le département face au coronavirus et pallier au manque de personnel qualifié. Par ailleurs, la Direction générale de la santé rappelle que le virus circule encore de manière « particulièrement active » en Guyane. Dans le même temps, 20 médecins cubains sont arrivés en Guinée-Bissau avec la même mission : participer à la lutte contre le coronavirus. Au total, Cuba a envoyé quelque 3 000 médecins dans le monde depuis le début de la pandémie.

La Corée du Sud a reconnu, mercredi 24 juin, faire face depuis mi-mai à « une deuxième vague ». Le pays constate entre 35 et 50 nouveaux cas quotidiens, essentiellement à Séoul et ses environs. Mais la plupart d’entre eux sont importés et la situation sanitaire reste sous contrôle. Preuve en est, la Corée du Sud a annoncé dimanche le retour des spectateurs dans les stades lors des compétitions sportives.

Les régions où la pandémie revient

Présentée comme un modèle de gestion face à la crise sanitaire, l’Allemagne se reconfine localement. Un important foyer de contamination– plus de 1 550 personnes touchées – a été détecté dans le plus grand abattoir d’Europe, dans le canton de Gütersloh. Résultat : décision a été prise, le 23 juin, de reconfiner partiellement environ 360 000 personnes vivant dans ce canton et 280 000 dans celui voisin de Warendorf. Dans un premier temps, pendant une semaine, soit jusqu’au 30 juin, les activités des habitants sont restreintes : fermeture des bars, cinémas, musées, clubs de sports et lieux de loisirs, limitation des contacts et de la fréquentation des restaurants... Mais il n’y a pas d’obligation de rester à domicile. En Allemagne, plus de 194 000 personnes ont contracté le Covid-19, et plus de 8 960 personnes y ont succombé.

La Chine, berceau de la pandémie, fait face à un retour du virus depuis la mi-juin à Pékin. Dimanche 28 juin, les autorités ont ordonné le confinement du canton d’Anxin, à 60 kilomètres de la capitale. Une dizaine de cas de Covid-19 ont été détectés. La Chine multiplie les dépistages, mais Xu Hejuan, porte-parole municipale, a révélé à l’AFP que « la situation épidémique est grave et complexe ».

L’Iran prend également des mesures face à la recrudescence de l’épidémie. Dimanche, le pays le plus touché du Moyen-Orient a enregistré 144 décès au cours des dernières 24 heures, un triste record qui fait désormais monter le bilan national à plus de 10 500 morts. Le gouvernement a pris la décision de rendre obligatoire le port du masque dans les espaces publics couverts, à compter du samedi 4 juillet, et ce jusqu’au 22 juillet au moins. Aucun confinement n’est imposé en revanche. Hassan Rohani, le président iranien, a appelé ses compatriotes à se préparer à vivre avec le coronavirus « sur le long terme ». « Toutes les 33 secondes, un Iranien est infecté par le coronavirus et toutes les 13 minutes, quelqu'un en meurt », a ajouté le vice-ministre de la Santé, Iraj Harirchi.

Les régions où la pandémie progresse

Le Brésil ne parvient pas à endiguer l’épidémie sur son territoire. Le 24 juin, le pays a enregistré son deuxième plus grand nombre de contaminations (39 436 nouveaux cas) et de décès (1 374 morts) en 24 heures. Et dimanche 28 juin, la barre des 57 000 morts a été franchie, faisant plus que jamais du Brésil le deuxième pays le plus touché du monde derrière les États-Unis et devant le Royaume-Uni. « La courbe brésilienne est encore fortement ascendante », assure-t-on au Laboratoire de recherche sur la Santé de l’Université de Sao Paulo. Le déconfinement progressif décidé dans certains États suscite toujours plus de critiques, comme l’attitude de Jair Bolsonaro. Alors qu’un magistrat sommait le président de porter un masque en lieu public sous peine d’une amende de 2 000 réais (environ 340 euros) et qualifiait son refus de « conduite irresponsable », le dirigeant a fait appel vendredi de cette décision. Jair Bolsonaro s’est peu montré depuis, mais à chacune de ses apparitions publiques, il portait un masque. Un signe peut-être qu’il semble enfin accepter la consigne.

Avec plus de 25 000 morts et quelques 200 000 cas, le Mexique est bien plus touché qu’il ne le pensait. Le ministère de la Santé avait tablé, dans un premier temps, sur 8 000 décès maximum. D’après les dernières estimations, les autorités redoutent maintenant un bilan de 35 000 morts. Dans la soirée de vendredi, une cinquantaine de membres d’une communauté du Chiapas ont vandalisé un hôpital et incendié une ambulance et deux voitures de police, alors que les forces de l’ordre procédaient à des opérations de fumigation à Larrainzar ; les agresseurs s’opposent à ces méthodes qui visent à prévenir la propagation de la dengue et du coronavirus. Ils croient aux rumeurs selon lesquelles le gouvernement propagerait lui-même le virus via la fumigation.

En Inde, le cap des 500 000 cas de Covid-19 a été dépassé samedi 27 juin. Le gouvernement a même annoncé 18 500 nouvelles contaminations en l’espace de 24 heures, un record dans le pays. Les épidémiologistes redoutent que l’Inde passe la barre du million de cas en juillet. Selon Anant Bhan, chercheur et expert en santé publique interrogé par l’AFP, « l’Inde a une diffusion plus étendue qui rend les choses un peu plus compliquées pour le système de santé ». Officiellement, le virus a coûté la vie à plus de 16 000 personnes dans le deuxième pays le plus peuplé du monde (1,3 milliard d’habitants). À New Delhi, on se prépare au pic de l’épidémie : hôtels, salles de fêtes et autres wagons ont été réquisitionnés pour désengorger les hôpitaux.

Aux États-Unis, le coronavirus fait toujours beaucoup de dégâts. « Nous avons un problème grave dans certaines zones », martèle Anthony Fauci, l’expert du gouvernement américain sur le sujet. Dans 30 de 50 États du pays, l’épidémie progresse, en particulier dans ceux du sud et de l’ouest. Anthony Fauci insiste : face à cette résurgence, les États-Unis doivent changer d’approche. « Il y a quelque chose qui ne marche pas. On pourra faire autant de tableaux qu'on veut, il restera toujours que ça ne fonctionne pas. Il faut qu'on trouve la pénétration des infections dans notre société. La seule façon d'y parvenir est de ratisser large », a déclaré le docteur vendredi au Washington Post… quelques jours après que Donald Trump, le président, a affirmé vouloir réduire le nombre de tests pour éviter que le nombre de cas augmente. Vendredi, le Texas et la Floride ont décrété de nouvelles restrictions concernant les bars. Le cas texan fait polémique, car il s’agit de l’un des États qui a rouvert très tôt, dès la 1er mai. Les États-Unis constituent le pays le plus touché du monde avec plus de 2,5 millions de cas et plus de 125 500 décès.

L’info santé

Selon une étude européenne menée par des experts autrichiens, britanniques et espagnols, la maladie Covid-19 est très rarement mortelle chez les enfants. Elle ne tuerait que dans moins de 1% des cas, car le virus reste généralement bénin chez eux. La recherche pour contrer ce nouveau coronavirus va toutefois nécessiter des moyens colossaux. Selon une étude de l’OMS, ce défi coûtera 30 milliards de dollars. Le Brésil, de son côté, va produire jusqu’à 100 millions de doses d’un vaccin expérimental prometteur sur lequel travaille l’université d’Oxford avec le groupe pharmaceutique AstraZeneca. Coût de l’opération : 127 millions de dollars.

L’info insolite

La pandémie et le confinement ont été dévastateurs pour les familles ayant des proches hospitalisés ou en maison de retraite. Au Royaume-Uni, à Chelmsford dans le comté d’Essex, Nina Ambrose, 49 ans, ne pouvait se résoudre à être séparée aussi longtemps de son père Roger, 76 ans, atteint de la maladie d’Alzheimer et placé dans un établissement depuis janvier. Alors, celle qui travaille d’habitude dans une entreprise de cosmétiques s’est portée volontaire pour travailler bénévolement dans l’établissement. Cinq semaines et plusieurs tests plus tard, Nina Ambrose a pu revoir son père. Et depuis deux mois, elle travaille avec le personnel soignant et peut rester proche de son papa, pour leur plus grand bonheur. Elle partage son quotidien avec plus de 23 000 abonnés sur Facebook et songe à poursuivre dans le bénévolat une fois l’épidémie terminée.

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