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Équateur: les indigènes Shuars libèrent leurs otages en échange du corps d'un des leurs

Une indigène passe devant une chaîne qui interdit le trafic de véhicules et de personnes à Cotacachi, en Équateur, dimanche 21 juin 2020. Des blocus ont été établis pour empêcher la propagation du virus dans certaines villes (image d'illustration).
Une indigène passe devant une chaîne qui interdit le trafic de véhicules et de personnes à Cotacachi, en Équateur, dimanche 21 juin 2020. Des blocus ont été établis pour empêcher la propagation du virus dans certaines villes (image d'illustration). AP Photo/Dolores Ochoa
2 mn

Les autorités équatoriennes ont confirmé dans la nuit de samedi à dimanche la libération de six personnes, dont deux policiers, par les indigènes Shuars de la petite communauté de Kumay, dans la province de Pastaza, à la frontière péruvienne. Les Indiens exigeaient et ont obtenu le retour du corps d’un des leurs.

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De notre correspondant à Quito,

Les protocoles de biosécurité ne sont pas toujours bien compris dans la région amazonienne surtout lorsqu’ils entrent en conflit avec des coutumes ancestrales.

Lorsque Alberto Mashutak est mort le 27 mai dernier à l’âge de 51 ans en présentant les symptômes d’une pneumonie sévère et du Covid-19, il a été immédiatement enterré dans la petite ville de Méra, là où il était soigné.

Comme la ministre de l’Intérieur Maria Paula Romo l’a rappelé sur son compte Twitter, les consignes de sécurité sont d’éviter la manipulation et le transport des victimes de la pandémie.

Une explication qui n’a pas convaincu les indigènes Shuars, fameux dans le passé pour réduire les têtes de leurs ennemis pour confectionner les fameuses tsantas. Fin mai, ils ont demandé aux autorités que le cadavre de leur guerrier leur soit rendu pour être enterré sur ses terres, comme le dicte la tradition.

Leur argument : faute de test fiable, la cause de la mort de Mashutak n’était pas établie de façon certaine, et le protocole de biosécurité n’était pas applicable.

Faute d’être entendus, les Shuars de la communauté de Kumay ont donc retenu jeudi deux policiers et quatre civils.

Pour éviter tout problème, les autorités ont fait déterrer le corps de Mashutak. Le cadavre a été remis à la communauté qui a libéré ses otages.

Le ministère de la Santé a envoyé une brigade pour tester les habitants de Kumay car aucune mesure de distanciation sociale n’a été respectée depuis le début de la prise d’otages.

À lire aussi : Coronavirus: en Équateur, les indigènes contaminés réclament une action de l’État

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