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Air Canada arrête ses liaisons régionales au grand dam des villes de l'intérieur

Avant la pandémie de coronavirus, Air Canada assurait 1500 liaisons par jour.
Avant la pandémie de coronavirus, Air Canada assurait 1500 liaisons par jour. REUTERS/Chris Helgren
Texte par : Pascale Guéricolas
2 mn

La compagnie Air Canada a réussi à faire l’unanimité contre elle dans les petites localités du pays. Le 30 juin, elle a annoncé la fin d’une trentaine d’escales régionales, principalement dans l’est du pays, mais aussi dans le centre. Une décision catastrophique pour la desserte de certaines régions.

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De notre correspondante à Québec,

Sans surprise, Air Canada, privatisée il y a une trentaine d’années, a invoqué la crise dans laquelle l’a plongé l’épidémie du Covid-19 pour justifier son arrêt de 30 liaisons. Ses pertes s'élèvent à 700 millions d’euros en un trimestre.

Des localités dépendantes de la compagnie

Les relations difficiles entre les clients de destinations régionales et la compagnie aérienne ne datent pourtant pas de quelques mois. Vols très souvent retardés, voire annulés, personnel volant ne parlant qu’anglais dans une province francophone, tarifs prohibitifs sur de courts segments... La liste des doléances des consommateurs remplirait plusieurs tomes. Depuis des décennies, Air Canada néglige son marché local pour pouvoir livrer bataille sur les destinations internationales.

►À lire aussi : Coronavirus: Air Canada va licencier plus de la moitié de son personnel

Le problème est que les populations qui habitent aux quatre coins du Québec, à Val-d’Or, dans le Nord, ou à Gaspé, dans l’Est, ne disposent pas d’autres moyens de transport collectifs pour rejoindre les grands centres. Le réseau ferroviaire se meurt et beaucoup de lignes d’autocar n’existent plus. Ne reste que la voiture pour parcourir les 1 000 km nécessaires pour un rendez-vous médical spécialisé ou pour signer un contrat commercial.

Pas de réactions du gouvernement fédéral

En théorie, le gouvernement fédéral doit veiller à faciliter le déplacement des citoyens sur le territoire. Sauf que le ministre des Transports demeure plutôt silencieux depuis quelques semaines sur ce dossier alors même qu’Air Canada a bénéficié d’une aide financière de 500 millions d’euros pour l’aider à surmonter la crise liée au Covid-19. Et que plusieurs des députés qui siègent à Ottawa ne peuvent plus rentrer en avion dans leur circonscription depuis le 30 juin. Voilà pourquoi certaines localités, soutenues par le ministre des Transports du Québec, ont décidé d’agir.

Certaines petites villes négocient avec certains transporteurs aériens régionaux pour établir des liaisons vers Québec et Montréal dès septembre. Les élus savent très bien que la relance économique passe par un solide réseau aérien. Il faut près de 10 heures en voiture pour rallier par exemple Montréal à Gaspé en Gaspésie, une région touristique.

Le gouvernement québécois à la manœuvre

Le ministre québécois des Transports supervise d’ailleurs une rencontre dans quelques jours qui visent à établir une stratégie concrète pour une reprise des vols régionaux. Le temps presse car les régions éloignées se sentent de plus en isolées du Québec plus urbain.

À écouter aussi : Chronique transports - Mélissa Haney, première femme inuite pilote de ligne à Air Inuit au Canada

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