Coronavirus: pour Antonio Guterres, la crise doit conduire à repenser nos sociétés

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, à Vienne le 28 mai 2019.
Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, à Vienne le 28 mai 2019. REUTERS/Lisi Niesner

D’habitude donné chaque année dans le stade de Johannesburg en Afrique du Sud devant 15 000 spectateurs, le discours hommage annuel à Nelson Mandela a été prononcé ce samedi 18 juillet par le secrétaire général de l’ONU par visioconférence, Covid-19 oblige. Depuis New York, Antonio Guterres a évoqué dans son allocution les fragilités de notre monde, mises en lumière par la pandémie.

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Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

En ce 18 juillet, déclarée Journée internationale Nelson Mandela (« Nelson Mandela Day ») par l’Unesco, Antonio Guterres a livré un discours qui pose les priorités qu’il défendra désormais tant qu’il sera à la tête de l’ONU. Le secrétaire général des Nations unies a rendu hommage à Madiba et a parlé de la pandémie de coronavirus qui a profondément secoué le monde.

Les plus vulnérables durement touchés par la pandémie

Antonio Guterres a déclaré que le monde entier avait été mis à genoux par un virus microscopique et qu’il fallait en profiter pour repenser le fonctionnement de nos sociétés. Il a d'abord décrit les fragilités mises en lumière par la pandémie : notre monde est encore trop raciste, encore trop masculin et favorise bien trop les plus aisés, en faisant perdurer les inégalités sur des générations entières.

« Le Covid-19 est comme un scanner qui révèle les fractures des squelettes fragiles des sociétés que nous avons construites. Le mensonge que les marchés libres permettent l’accès aux soins médicaux à tous. La fiction que le travail bénévole n’est pas du travail. L’illusion que nous vivons dans un monde qui n’est plus raciste. Le mythe que nous sommes tous dans le même bateau. Car si nous flottons bien sur la même mer, il est clair que certains sont sur des superyachts, tandis que d’autres se cramponnent à des débris flottants », a déclaré Antonio Guterres.

Le secrétaire général de l’ONU n’a pas caché que la crise du Covid-19 allait faire reculer les progrès récents et faire perdre au monde l’équivalent de 20 ans de développement, qu’elle allait frapper les plus vulnérables et faire passer 100 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté. Mais il a enjoint les dirigeants du monde à saisir cette crise et la transformer en opportunité, pour construire de nouveaux contrats sociaux.

Fait extrêmement rare : Antonio Guterres a aussi critiqué, sans les nommer, les cinq puissances qui dirigent la scène internationale depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, et réclamé une refonte du système.

Et en amont du discours, un hommage a été rendu à la fille cadette de Nelson et Winnie Mandela, Zindzi, activiste puis diplomate, décédée le 13 juillet à l’âge de 59 ans, certainement du Covid-19.

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