Mexique: l'ex-patron de Pemex extradé depuis l'Espagne pour une affaire de corruption

Arrêté en février dernier en Espagne pour son implication présumée dans plusieurs affaires de corruption, Emilio Lozoya a été extradé au Mexique après avoir accepté de collaborer avec la justice.
Arrêté en février dernier en Espagne pour son implication présumée dans plusieurs affaires de corruption, Emilio Lozoya a été extradé au Mexique après avoir accepté de collaborer avec la justice. REUTERS/Jon Nazca
Texte par : RFI Suivre
2 mn

L’ancien directeur de la compagnie pétrolière d’État Pemex a fait son retour au Mexique sous bonne escorte ce vendredi 17 juillet. Arrêté en février dernier en Espagne pour son implication présumée dans plusieurs affaires de corruption, Emilio Lozoya, a été extradé au Mexique. Il a accepté de collaborer avec la justice sur plusieurs dossiers, dont l’examen promet de déclencher un tremblement de terre politique dans le pays.

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Avec notre correspondante à Mexico, Alice Hardy

L’ancien patron de Pemex est soupçonné d’être impliqué dans la tentaculaire affaire Odebrecht. En échange de juteux marchés publics, Emilio Lozoya aurait touché plusieurs millions de dollars de l’entreprise brésilienne. Des millions qui auraient servi à financer la campagne électorale de l’ancien président Enrique Peña Nieto, dont Lozoya est très proche.

La justice s’intéresse aussi à d’autres pots-de-vins, versés cette fois par une entreprise de sidérurgie mexicaine, AHMSA. Cette même entreprise à laquelle Pemex a ensuite racheté une usine délabrée à un prix exorbitant, plombant les comptes de la compagnie pétrolière nationale.

Preuves d'un achat de votes des élus

Enfin, l’ancien directeur de Pemex devrait éclaircir les circonstances dans lesquelles la réforme énergétique, marqueur du mandat de Peña Nieto qui a libéralisé le secteur, a été votée. Emilio Lozoya disposerait de preuves que les élus de l’époque ont accepté de l’argent en échange de leur vote.

Une véritable boîte de Pandore dont l’ouverture pourrait mettre en difficulté toute une génération politique, de l’ancien président aux gouverneurs actuels. Mais encore faut-il que justice soit rendue. Invoquant la pandémie de coronavirus, le Conseil de la magistrature a annoncé que le procès se tiendrait à huis-clos, bien que la loi exige une transparence totale.

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