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Reportage

Coronavirus au Mexique: l'épidémie fait les affaires des prêteurs sur gage

Une tente de dépistage du Covid-19 à Mexico où l'épidémie de Covid-19 fait rage.
Une tente de dépistage du Covid-19 à Mexico où l'épidémie de Covid-19 fait rage. AP Photo/Rebecca Blackwell
4 mn

Avec plus de 350 000 cas et 40 000 morts, la pandémie de coronavirus continue de faire rage au Mexique ralentissant d’autant la reprise économique. Sans réel coup de pouce du gouvernement la population qui vivotait se retrouve plongée dans la misère. Une réalité visible au quotidien, notamment au guichet des prêteurs sur gage, qui pullulent dans la capitale.

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De notre correspondante à Mexico,

Luis Vital ressort d’un prêteur sur gage. Ce serveur trentenaire, au chômage depuis le début de la pandémie, vient de se délester de bijoux en or, en échange de mille pesos soit quarante euros. 

« Ce sont des chaînes et des bagues. Je n’ai pas le choix. Ma belle-mère est décédée pendant la pandémie. On ne s’y attendait pas et encore moins pendant cette période où on n’a pas de revenus, explique le jeune homme. Ça se fait beaucoup ici d’aller au prêteur sur gage, avant les fêtes de Noël ou pour se sortir d'une mauvaise passe. Je l’ai déjà fait plusieurs fois. »

Selon les employés de ces guichets, les dépôts n’ont pas explosé avec le coronavirus. Mais beaucoup viennent faire estimer leurs objets de valeur au cas où, face à une crise économique qui s’annonce terrible. 

« Je suis sans travail depuis trois mois, je suis garde de sécurité. A un moment j’ai épuisé toutes mes économies, et j’ai mis en gage ce téléphone qui vaut 6 000 pesos, mais je n’en ai obtenu que 1 000, déplore Oscar Sanroman, 65 ans. Je vais devoir chercher du travail, décharger des caisses de légumes au marché s’il le faut, alors que je ne voulais prendre aucun risque pour ma santé. Je vais aussi voir les associations, j’en sors là, ils m’ont donné de quoi déjeuner. Je pense qu’elles nous soutiennent bien plus que le gouvernement. »

Obnubilé par sa volonté de ne pas creuser le déficit, le président Andrés Manuel Lopez Obrador n’a pas mis en place de réelle mesure de soutien aux plus démunis. Une décision d’autant plus étonnante qu’il a bâti sa carrière politique sur ce slogan : « Les pauvres d’abord ». 

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