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Trump évoque, pour la première fois, un possible report de l'élection présidentielle

Donald Trump à la Maison Blanche le 15 juin 2020.
Donald Trump à la Maison Blanche le 15 juin 2020. REUTERS/Leah Millis
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Sur Twitter, le président américain a évoqué ce jeudi 3à juillet, pour la première fois, l'hypothèse d'un report de l'élection présidentielle, mettant en avant des risques de fraude liés, selon lui, à l'épidémie de Covid-19. Donald Trump a un peu plus tard assuré à des journalistes qu'il ne voulait pas reporter le scrutin, mais il n'en a pas moins suscité un tollé dans la classe politique.

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« 2020 sera l'élection la plus inexacte et la plus frauduleuse de l'histoire », a tweeté ce jeudi le président américain, évoquant le recours élargi au vote par correspondance pour le scrutin du 3 novembre. « Ce sera une véritable honte pour les Etats-Unis. Reporter l'élection jusqu'à ce que les gens puissent voter normalement, en toute sécurité??? », a-t-il ajouté.

Une décision présidentielle ne peut suffire

Techniquement, le président n’a pas le pouvoir de changer la date de l’élection qui a lieu le mardi qui suit le premier lundi de novembre, et ce depuis une loi fédérale votée en 1845, remarque notre correspondante à New York, Loubna Anaki. La date n’a jamais été décalée, même durant la guerre de Sécession ou les deux guerres mondiales.

Un éventuel changement dépend du Congrès, et étant donné que les démocrates contrôlent la Chambre des représentants, il est peu probable qu’ils approuvent la requête de Donald Trump s’il en fait une. D’ailleurs, en réponse à son message, Nancy Pelosi a tweeté l’article de la Constitution qui rappelle que c’est le Congrès qui décide de l’élection et non le président.

Et même si la loi fédérale de 1845 était modifiée, il resterait peu de marge de manoeuvre pour trouver une nouvelle date. En effet, le mandat du président expire le 20 janvier. Une date inscrite dans le 20e amendement de la Constitution, qu'un vote simple du Congrès ne peut pas changer.  Sans président élu le 20 janvier: ce serait à la présidente de la Chambre des représentants d'assurer l'intérim. A savoir à ce jour, la démocrate Nancy Pelosi.  

Stratégie électorale

Le président américain a l’habitude d’annoncer des décisions pour lesquelles il n’a en réalité aucune autorité. Vue sa perte de vitesse dans les sondages, ça reste en accord avec sa stratégie de mettre en doute le bon déroulement de l’élection de novembre. Certains estiment que Donald Trump prépare ainsi le terrain pour une éventuelle contestation des résultats en cas de défaite.

Depuis plusieurs semaines, Donald Trump, confronté à des sondages très défavorables, brandit pourtant le spectre de fraudes massives. Ses propos sur ce thème ont poussé fin mai Twitter à signaler pour la première fois l'un de ses tweets comme étant trompeur.

Plusieurs États américains veulent rendre le vote par courrier plus accessible afin de limiter autant que possible la propagation du Covid-19. Nombreux d'entre eux autorisent ce système de vote depuis des années et n'ont pas signalé de problèmes majeurs, à part des incidents isolés.

Peu de soutien à cette annonce, même dans son camp

Même parmi les plus proches alliés de Donald Trump, l’idée d’un éventuel report de l’élection présidentiel a provoqué des réactions très tranchées. Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au sénat a affirmé que le scrutin aurait bien lieu comme prévu et que par le passé, même en temps de crise, la date de la présidentielle n’a jamais été reportée.

Le sénateur Lindsey Graham, fervent défenseur de Donald Trump, a lui aussi rejeté l’idée d’un report. Position partagée par d’autres hauts responsables républicains, même s’ils se sont gardés de critiquer ouvertement la suggestion du président.

Côté démocrate, les élus rejettent les nouvelles insinuations de Donald Trump sur d’éventuelles fraudes massives en raison du vote par courrier, largement mis en place en raison de la pandémie. Fin avril, son adversaire démocrate Joe Biden avait d'ailleurs prédit que le milliardaire ferait son possible pour reporter l'élection. « Souvenez-vous de ce que je vous dis, je pense qu'il va essayer de faire reporter les élections d'une manière ou d'une autre, trouver des raisons pour lesquelles elles ne peuvent pas avoir lieu », avait-il lancé.

Quelques jours plus tard, M. Trump, interrogé lors d'un point de presse à la Maison Blanche, avait catégoriquement écarté cette hypothèse.

(et avec AFP)

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