Accéder au contenu principal
Revue de presse des Amériques

À la Une: un report des élections «contraire à l’esprit américain»?

Derrière l'annonce d'un possible report de l'élection présidentielle américaine, une stratégie électorale bien réfléchie. Donald Trump à Washington, le 30 juillet 2020.
Derrière l'annonce d'un possible report de l'élection présidentielle américaine, une stratégie électorale bien réfléchie. Donald Trump à Washington, le 30 juillet 2020. REUTERS/Carlos Barria
5 mn

Publicité

Donald Trump a lancé un pavé dans la mare jeudi en suggérant un report de l’élection présidentielle prévue le 3 novembre. Il invoque le risque de fraudes liées à la mise en place du vote par correspondance dans de nombreux Etats en raison de la crise sanitaire. Ce sujet est traité en Une de toute la presse américaine ce vendredi.

Même dans les journaux conservateurs, l'idée d'un report est balayée. Pour les éditorialistes du National Review par exemple, « ce serait grotesque et contraire à l'esprit américain ». Le média en ligne estime que Donald Trump s'est « surpassé » avec ce tweet : « Il s'agit manifestement d'une idée incendiaire et absurde, indigne d'être exprimée – ou même pensée – par un président des États-Unis ». Selon le National Review, « c'est une nouvelle preuve du peu de cas qu'il fait de l'institution de la présidence et de son égoïsme dans l'exercice de ses fonctions ».

Même si dans les faits le président n’a pas le pouvoir de reporter la présidentielle, le Washington Post s'inquiète des conséquences de ce tweet sur l'atmosphère du scrutin : « Trump ne peut pas changer la date des élections. Mais il peut saper la confiance que nous avons en ce scrutin ». Dans son édito, le journal rappelle que le vote par correspondance est déjà utilisé dans deux-tiers des Etats américains et qu'il existe des garanties pour éviter une fraude à grande échelle.

Aider les Etats pour « éviter une élection chaotique »

Il souligne en revanche que les Etats auront du mal à gérer d'un seul coup autant de votes par correspondance, comme on l’a vu récemment lors des primaires à New York. Il faut donc les aider, plaide le journal : « Chaque jour qui passe sans que les élus du Congrès n'envoient d'argent [ à ces Etats ] augmente la probabilité d'une élection chaotique ». L'administration Trump, en tout cas, n'a elle aucune intention de mettre la main à la poche. Pour le Washington Post, c'est simple : « Trump et son parti tentent de décourager les Américains de voter, car ils n’ont donné aux électeurs que peu de raisons de voter pour eux »

Ce tweet a été publié quelques heures après l'annonce de très mauvais chiffres pour l'économie américaine. Deux graphiques montrent cette dégringolade historique du PIB à la une des éditions papier duWashington Post et du New York Times. Ce dernier souligne que « le virus a effacé cinq années de croissance ». En Une du New York Post, un dessin montre l'oncle Sam tomber du ciel, des dollars s’échappant de ses poches. « Quand toucherons-nous le fond ? » s'interroge le tabloïd. « Comme c'est souvent le cas, commente Politico, Trump a donc jeté son tweet [ sur l'éventualité d'un report de l'élection ] à un moment opportun », pour « changer de sujet ». Et ça a encore marché, conclut le média en ligne.

Tempête Isaïas : dégâts en République dominicaine

La tempête est devenue un ouragan de catégorie 1 et menace désormais les Bahamas après avoir balayé la République dominicaine. Isaïas est resté sur le pays « pendant une journée entière », écrit Diaro Libre, « avec de fortes pluies qui ont provoqué des inondations » dans plusieurs provinces, notamment celles d'El Seibo et d'Hato Mayor, où des rues sont complètement sous les eaux. La tempête a fait un mort, endommagé des cultures et laissé derrière elle des dizaines de familles sinistrées. Cette nuit, le nord d'Haïti a commencé à son tour à ressentir les effets d’Isaïas. « Certains départements du Grand Nord sont sous la pluie et subissent des rafales de vents considérables », écrit Le Nouvelliste.

Au Canada, Justin Trudeau sur le grill

Le Premier ministre était auditionné jeudi par la commission des Finances de la Chambre des communes. Justin Trudeau a nié tout conflit d'intérêt dans l'affaire de ce gros contrat gouvernemental octroyé à une organisation caritative qui employait aussi des membres de la famille Trudeau. Le Globe and Mail s'étonne de la ligne de défense du Premier ministre. Il soutient qu'il n'avait « pas d'autre option », qu'il n'a fait que suivre les recommandations de hauts fonctionnaires et qu'il a même retardé la décision. « Je m'y suis totalement opposé, jusqu'à ne plus m'y opposer », résume une caricature en Une du National Post. Le Toronto Star, de son côté, ne comprend pas pourquoi le gouvernement ne s'est pas épargné ce scandale « évitable » qui jette un voile sur sa gestion par ailleurs louable de la crise sanitaire.

Etats-Unis : l'armée a le droit de recruter des jeunes sur Twitch

Aux Etats-Unis, les enfants et adolescents sont bombardés de bannières publicitaires pour s'engager dans l'armée quand ils regardent des vidéos en streaming sur Twitch ou qu’ils jouent au foot en réseau, explique The Verge. L'élue démocrate à la Chambre des représentants, Alexandria Ocasio-Cortez, avait tenté d'interdire ce type de recrutement. Echec : son amendement a été rejeté par la Chambre jeudi soir.

Les joies du télétravail en Colombie

Toute la presse colombienne et les réseaux sociaux se délectent de cette mésaventure qui est arrivée à la sénatrice Angelica Lozano lors d’un vote du Sénat. L’élue écologiste a oublié d'éteindre son micro. Tout le monde a pu l’entendre proférer des grossièretés sur ses collègues, explique El Tiempo. Certains ont tenté de l’arrêter en la suppliant d'éteindre son micro, comme le montre cette vidéo. Trop tard. Le comble : le projet de loi que les sénateurs étaient en train de voter détaille les modalités de l’organisation virtuelle des futures sessions du Congrès…

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.