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Brésil: Aritana, grand chef indigène engagé contre la déforestation, décède du Covid-19

Aritana, de la tribu des Yawalapiti, le 6 octobre 2003 à Brasilia.
Aritana, de la tribu des Yawalapiti, le 6 octobre 2003 à Brasilia. Evaristo SA / AFP
Texte par : RFI Suivre
9 mn

Au Brésil, la communauté indigène est en deuil, avec la disparition du cacique Aritana de la tribu Yawalapiti, victime du coronavirus. Son décès intervient alors que la Cour suprême a pris des mesures pour protéger les Amérindiens durant la pandémie.

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Hospitalisé à Goiânia, au centre du Brésil, Aritana, chef de la tribu des Yawalapiti, a lutté pendant quinze jours sous respiration artificielle, mais n’a pas résisté au Covid-19, rapporte notre correspondant à São Paulo, Martin Bernard. Le cacique était l’un des plus grands chefs indigènes de l’Amazonie, engagé dans le combat contre la déforestation. Âgé de 70 ans, il était originaire de la région du Haut-Xingu, dans le sud de l’Amazonie.

Après avoir ressenti des difficultés respiratoires, il avait quitté son village pour être admis dans un dispensaire. De là, il a ensuite été transféré vers un hôpital, à neuf heures de route. Selon le témoignage de son fils, un frère et une nièce du cacique ont également succombé au Covid-19.

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« Un jour de deuil pour l'humanité »

« C'était un grand avocat du combat pour préserver et perpétuer la culture de son peuple pour les générations futures et un militant infatigable contre la déforestation », a déclaré sa famille dans un communiqué. Les messages ont afflué en nombre sur les réseaux sociaux après l'annonce du décès du cacique.

« C'est un jour noir, un jour de deuil pour l'humanité, a ainsi écrit sur son compte Facebook l'ONG française Planète Amazone. Une nouvelle figure immense de la lutte indigène s'éteint avec la disparition du cacique Aritana considéré comme la plus haute autorité du Haut-Xingu, où résident 16 peuples indigènes ».

Ecoutez le témoignage de Gert-Peter Bruch de l'ONG Planète Amazone, proche du cacique Aritana

Avant de tomber malade, Aritana avait lancé une campagne de récolte de fonds pour faciliter l'accès aux soins des membres de sa communauté. Le coronavirus, dont le bilan va franchir ces prochains jours le cap des 100 000 morts au Brésil, a touché de plein fouet les indigènes, en raison de leur immunité plus faible et d'une difficulté d'accès aux soins.

Selon l’Association des peuples indigènes au Brésil (APIB), plus de 600 Amérindiens sont déjà morts du coronavirus et plus de 20 000 autres ont été contaminés. De son côté, la Cour suprême vient de décider à l’unanimité de prendre des mesures pour protéger les quelque 800 000  Amérindiens qui vivent actuellement au Brésil, contre le Covid-19.

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