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Brésil: mort de l'évêque Pere Casaldàliga, défenseur des indigènes

L'évêque espagnol Pedro Casaldaliga (d), fervent défenseur des indigènes d'Amazonie et l'un des principaux représentants de la Théologie de la Libération latino-américaine, ici avec l'acteur espagnol Eduard Fernandez, à São Félix do Araguaia,
L'évêque espagnol Pedro Casaldaliga (d), fervent défenseur des indigènes d'Amazonie et l'un des principaux représentants de la Théologie de la Libération latino-américaine, ici avec l'acteur espagnol Eduard Fernandez, à São Félix do Araguaia, Minoria Absoluta Productions / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

L'évêque espagnol Pedro Casaldáliga, fervent défenseur des indigènes d'Amazonie et l'un des principaux représentants de la Théologie de la Libération latino-américaine, est mort samedi à 92 ans au Brésil, où il était installé depuis 1968. 

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La prélature de São Félix do Araguaia, dans l'Etat de Mato Grosso (centre-ouest), dont Mgr Casaldàliga était évêque émérite, a annoncé dans un communiqué qu'il s'est éteint ce samedi 8 août à l'hôpital où il se trouvait en soins intensifs à cause de problèmes respiratoires, à Batatais, près de São Paulo (sud-est). Il souffrait de la maladie de Parkinson.

Né en 1928 à Balsareny, dans la province de Barcelone, ordonné prêtre en 1952, il est parti en mission à São Felix do Araguaia, au coeur de l'Amazonie brésilienne, en 1968, en pleine dictature militaire. Il s'est opposé au régime militaire, aux grands propriétaires terriens et même au Vatican en prenant la défense des paysans sans terre et des indigènes, notamment ceux du peuple Xavantes.

« Dans cette terre, il est facile de naître et de mourir, mais difficile de vivre », avait déclaré le prélat à l'AFP en 2012, à l'occasion de la sortie d'une série télévisée sur sa vie, Pieds nus sur la terre rouge du livre homonyme de l'écrivain et journaliste catalan Francesc Escribano.

L'écrivain et journaliste Francesc Escribano lui a rendu hommage sur Twitter : « Pere Casaldàliga, un exemple de cohérence et de radicalisme, a toujours dit que ses causes valaient plus que sa vie. Aujourd'hui, il n'est plus là, mais les causes continuent et la nécessité de se battre pour elles aussi. "Il ne suffit pas d'être croyant, dit-il, il faut aussi être crédible ».
 

Pour l'ancienne présidente brésilienne Dilma Rousseff, lui a rendu hommage sur   Twitter, en soulignant qu'il « est le symbole du rêve, de la défense des droits du peuple brésilien et des peuples de l'Amazonie ».

En 2016, déjà très fragilisé, l'évêque  já bastante fragilizado, Mgr Pere Casaldàliga avait écrit une lettre pour défendre Dilma Rousseff qui était confrontée avec la procédure qui a conduit à sa destitution.

« Notre terre, notre peuple perd aujourd'hui un exemple de vie généreuse pour un monde meilleur, il nous manquera beaucoup », a réagi de son côté l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva sur Twitter.

Il a vécu sous la menace constante des tueurs à gage à la solde de grands propriétaires terriens, Mgr Casaldàliga a fait partie des fondateurs de la Commission pastorale de la terre (CPT) et du Conseil indigéniste missionnaire (Cimi), deux organismes clés dans la lutte pour la réforme agraire.

En 1998, l'évêque espagnol a été appelé à Rome où il a subi un dur interrogatoire du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de l'époque, le cardinal Joseph Ratzinger, devenu 7 ans plus tard le pape Benoît XVI.

Fin juillet, il avait signé avec 150 autres évêques brésiliens une lettre ouverte critiquant le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, fustigeant notamment son « incompétence » et son « incapacité » à gérer la crise sanitaire du coronavirus, qui a fait près de 100 000 morts au Brésil, dont plusieurs centaines d'indigènes.

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