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Galapagos: la présence d’une flotte de pêche chinoise inquiète l’Équateur

Le 14 août 2017, l'Equateur avait déjà confisqué ce bateau de pêche chinois dans la réserve marine des Galapagos, avec à son bord 300 tonnes de poisson, dont certaines espèces en voie de disparition comme le requin-marteau.
Le 14 août 2017, l'Equateur avait déjà confisqué ce bateau de pêche chinois dans la réserve marine des Galapagos, avec à son bord 300 tonnes de poisson, dont certaines espèces en voie de disparition comme le requin-marteau. JUAN CEVALLOS / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La présence d’une flotte de pêche chinoise dans les eaux internationales autour des Galapagos inquiète l’Equateur, qui essaie d’articuler une politique à court et moyen terme pour éviter son retour.

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Avec notre correspondant à Quito, Éric Samson

A court terme, comment contrôler la présence de 260 chalutiers chinois, navires usines, pétroliers et navires logistiques dont cette flotte a besoin pour se maintenir en mer de facon permanente ? L’Équateur dispose de quelques corvettes, patrouilleurs et avions, et même d’un ancien navire chinois capturé dans les eaux de la réserve marine des Galapagos. Mais la flotte de pêche chinoise utilise toutes les ruses possibles pour éviter d’être détectée si elle pêche dans les eaux équatoriennes. Par exemple, mettre le même nom à plusieurs navires ou éteindre le système d’identification satellite qui permet de suivre les mouvements des navires.

L'Équateur peut-il agir si la flotte reste en dehors de sa zone économique spéciale ? Oui, car même dans les eaux internationales, les pêcheurs ne peuvent pas faire n’importe quoi. Il existe d’abord la Convention sur la conservation et la régulation des ressources halieutiques de haute mer. Par ailleurs, dans l'article 21 de l'accord des Nations unies pour éviter la surpêche des poissons transzones et migratoires, le pays affecté le plus proche peut aborder les navires pour voir s’ils utilisent des arts de pêche interdits comme la palangre, ou les filets qui ratissent et détruisent les fonds.

Dépendance financière à la Chine

L’Équateur pourrait donc aborder les navires chinois pour les inspecter même dans les eaux internationales. Mais au vu de la dépendance financière de Quito envers la Chine, on l’imagine assez mal. Autre problème : des bâtiments de cette flotte ont des pavillons de pays africains qui n’ont pas signé la Convention et peuvent donc refuser toute inspection.

À moyen terme, il s'agit d’interdire la pêche dans cette région. Le gouvernement équatorien a créé un comité pour protéger la biodiversité des Galapagos. Homme d’affaires du secteur du tourisme et ancien maire de Quito, Roque Sevilla en fait partie.

Étirer les zones économiques exclusives

« Le plan est de délimiter, de fermer un grand triangle entre les Galapagos, le Costa Rica et le continent, explique-t-il. Notre objectif est d’agir très rapidement pour que cette zone soit déclarée zone protégée par un accord entre l’Équateur et le Costa Rica. Nous allons tirer parti du fait qu’il y a une zone économique exclusive équatorienne qui part de l’archipel des Galapagos et qui touche la Zone économique exclusive du Costa Rica qui part de l’île de Coco. L’idée est de faire de cette zone une grande réserve marine. »

Ensuite, l’idée sera d’étendre les deux zones économiques exclusives des Galapagos et de l’Équateur continental pour essayer de bloquer l’entrée de la flotte chinoise par le Sud. En attendant, l’ambassadeur chinois en Équateur a indiqué que la flotte se retirerait volontairement de septembre à décembre. Une offre mal reçue à Quito : c’est en effet l’époque où ces navires de toute facon ne pêchent pas dans le Pacifique, mais dans l’Atlantique Sud.

À lire aussi : L’Équateur et NatGeo s’allient pour protéger l'écosystème des Galapagos

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