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Facebook prend des mesures contre le mouvement conspirationniste QAnon

Des partisans de QAnon attendent le survol militaire au Mémorial de la Seconde Guerre mondiale lors des célébrations du 4 juillet à Washington.
Des partisans de QAnon attendent le survol militaire au Mémorial de la Seconde Guerre mondiale lors des célébrations du 4 juillet à Washington. Evelyn Hockstein/For The Washington Post via Getty Images
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Facebook a supprimé près de 900 groupes et pages associés au mouvement conspirationniste « QAnon », a annoncé la société mercredi 19 août. Une vague de mesures qui concerne également Instagram. En cause, les incitations à la violence de cette mouvance d’extrême droite conspirationniste, qui selon Facebook, présente, avec d’autres groupes, des « risques importants pour la sécurité publique ».

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10 000 comptes sur Instagram et près de 2000 groupes et 440 pages sur Facebook liés au mouvement QAnon ont été fermés ou bloqués par le géant des réseaux sociaux, qui souhaite réduire la portée de ces groupes conspirationnistes via des mesures restrictives. Facebook assure ainsi les rendre plus difficiles à trouver et les empêcher de faire de la publicité ou de vendre des produits. La société assure également que le contenu lié à QAnon sera rétrogradé dans le fil d’actualité des utilisateurs, dans les recherches effectuées sur la plateforme, et dans les recommandations de l’algorithme.

Facebook n’est pas le premier réseau social à franchir le pas, en juillet 2018, Twitter avait déjà banni plus de 7000 comptes liés à QAnon.

C’est dansun communiqué que Facebook a expliqué avoir modifié sa politique en matière d’organisations et d’individus dangereux « pour inclure des organisations et des mouvements qui démontrent un risque important pour la sécurité publique, mais qui ne répondent pas aux critères pour être désignés comme des organisations dangereuses » lesquelles sont normalement bannies de la plateforme.

Les utilisateurs pourront continuer à publier du contenu lié à QAnon tant qu’ils n’enfreignent aucune règle de la plateforme. Le réseau social a aussi précisé que cette nouvelle politique sert à restreindre la capacité de ces groupes à s’organiser sur Facebook.

Un mouvement surveillé par le FBI

QAnon est considéré comme un mouvement d’extrême droite conspirationniste dont la communauté est principalement constituée de partisans pro-Trump. Pour les adeptes de QAnon, Donald Trump livrerait une guerre secrète contre des élites implantées dans le gouvernement, les milieux financiers et les médias. Selon eux, les États-Unis sont dirigés par une organisation criminelle, pédophile et satanique, impliquant les familles Clinton, Obama et Rothschild, ainsi que d’autres membres de l’élite mondiale. QAnon assure que c’est Donald Trump qui fera exploser ce complot et rendra le pouvoir au peuple.

Un partisan tient une pancarte QAnon alors que le président américain Donald Trump s'adresse à un rassemblement électoral au Mohegan Sun Arena de Wilkes-Barre, Pennsylvanie, États-Unis, le 2 août 2018.
Un partisan tient une pancarte QAnon alors que le président américain Donald Trump s'adresse à un rassemblement électoral au Mohegan Sun Arena de Wilkes-Barre, Pennsylvanie, États-Unis, le 2 août 2018. REUTERS / Leah Millis / File Photo

C’est au mois d’octobre 2017 que tout commence, lorsqu’une personne utilisant le pseudonyme « Q » publie des messages codés sur des forums anonymes. « Q » affirme être un fonctionnaire des services de renseignements américains et détenir des informations alarmantes sur un prétendu complot organisé contre le président Trump.

QAnon, combinaison de la lettre Q et de « Anonymous » désigne en premier lieu l’auteur de ces messages codés, puis englobe finalement la théorie du complot qu’il véhicule et toute la communauté qui en discute.

Depuis ses débuts obscurs sur les forums anonymes, QAnon a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux et même en politique. Mardi 11 août, Marjorie Taylor Greene, une partisane de ce mouvement, a remporté la primaire républicaine dans le très conservateur 14e district de Géorgie. Une victoire qui lui permettrait de siéger à la Chambre des représentants des États-Unis l’an prochain.

Depuis mai 2019, QAnon est sous surveillance du FBI, comme source potentielle de terrorisme domestique. Le Federal Bureau of Investigation avait désigné QAnon comme représentant un danger public.

Des soutiens inconditionnels de Trump

« Je ne sais pas grand-chose sur eux. J’ai compris qu’ils m’aiment beaucoup, ce que j’apprécie », a déclaré Donald Trump lors d’une conférence de presse, après l’annonce des restrictions visant QAnon par Facebook. Le président américain a également laissé entendre que leur regain de popularité récent était lié aux manifestations qui ont eu lieu à Portland ou New York, contre le racisme systémique.

Dans les rassemblements du président Trump, de plus en plus d’écriteaux à l’effigie de QAnon font leur apparition, mais aussi lors des manifestations contre les mesures sanitaires imposées dans le cadre de la pandémie de Covid-19.

Facebook a également affirmé avoir supprimé près de 1 400 groupes et pages « des groupes anarchistes indépendants qui soutiennent des actes violents au milieu des protestations » des groupes qui selon Facebook « pourraient s'identifier comme Antifa ».

À l’approche des élections présidentielles américaines en novembre, les réseaux sociaux sont sous pression. En 2016, le scrutin américain avait été entaché par des campagnes de désinformation et de manipulation des électeurs qui se déroulaient en ligne, sur ces plateformes.

Facebook, en particulier, est visé par de nombreux élus et ONG qui lui reprochent un trop grand laxisme envers les contenus haineux. Un rapport de l’Institut pour le Dialogue Stratégique pointe même du doigt les problèmes d’algorithme de la plateforme, expliquant que si un utilisateur de Facebook a déjà interagi avec un contenu négationniste, niant l'existence de la Shoah, Facebook « met activement en avant d'autres contenus négationnistes auprès de cet utilisateur ».

Le groupe californien s’est engagé à surveiller les futurs mouvements extrémistes qui pourraient prendre de l’ampleur sur son réseau, et à prendre des mesures supplémentaires si nécessaire.

►À lire aussi : Contenus haineux: Facebook sous pression des marques, promet de faire le ménage

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