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Portrait

Présidentielle américaine: Joe Biden, un gaffeur consensuel

Joe Biden lors de la convention démocrate le 19 août 2020 à Wilmington, dans le Delaware.
Joe Biden lors de la convention démocrate le 19 août 2020 à Wilmington, dans le Delaware. AP Photo/Carolyn Kaster

À 77 ans, Joe Biden est un vieux routier de la politique américaine. Sénateur pendant plus de trente ans, deux fois vice-président, il a été adoubé mardi par le Parti démocrate pour devenir son champion face au président Donald Trump. 

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« Je suis une machine à gaffes, mais quelle chose merveilleuse par rapport à un gars qui ne peut pas dire la vérité ! » (entendez Donald Trump). Joe Biden a lancé ce cri du cœur en décembre 2018. Joe Biden est effectivement un gaffeur en série, comme lorsque lors d’un meeting il a demandé à un sénateur en fauteuil roulant de se lever, ou quand il a, encore récemment, confondu sur un podium sa femme et sa fille.

Joseph Robinette Biden Jr est né en 1942 à Scranton, une ville ouvrière de Pennsylvanie, dans une famille catholique irlandaise. Son père est vendeur de voitures. Joe Biden mettra d'ailleurs en avant, bien plus tard, ses origines modestes pour séduire la classe ouvrière qui a en majorité voté Donald Trump en 2016. Enfant, il réussit à vaincre le bégaiement dont il est affligé. La famille déménage ensuite dans le Delaware, où il entre à l’université et étudie l’histoire et les sciences politiques. Il se marie, devient avocat, puis se tourne vers la politique et à 29 ans, en 1972, est élu une première fois sénateur du Delaware. 

Du Sénat à la Maison Blanche

Il sera réélu six fois, trente-six années durant. Parmi les lois les plus connues dont il est à l’origine, une sur les « crimes violents », une autre contre les violences domestiques, une troisième sur les narcotrafiquants. Joe Biden grimpera tous les échelons du Sénat dont il deviendra à deux reprises le président du prestigieux comité des affaires étrangères. Joe Biden ne quittera cette institution que pour devenir en 2008 vice-président de Barack Obama, qui l’a battu lors de la primaire démocrate et qui a besoin d’un « vétéran » à ses côtés. Joe Biden avait déjà tenté sa chance une première fois à la primaire démocrate de 1988, mais il avait dû jeter l’éponge après avoir été accusé de plagiat – un de ses discours ressemblait étrangement à celui prononcé par un travailliste anglais…

Pendant ses deux mandats de vice-président, Joe Biden restera discret face au président Obama, toujours charismatique – un charisme qui lui fait défaut, il est connu pour souvent chercher ses mots. Les premiers débats de la primaire en 2020 seront difficiles pour lui. Pour autant son amitié, souvent médiatisée, avec le président semble réelle. Barack Obama lui remettra en 2017 la médaille présidentielle de la Liberté, une des deux plus hautes décorations civiles du pays. 

Parallèlement, la vie de Joe Biden est très tôt marquée par les tragédies. En 1972, sa première femme Neilia et sa fille Naomi sont tuées dans un accident de voiture ; ses deux fils, blessés, en réchappent. Joe Biden se remariera cinq ans plus tard avec celle qui est toujours sa femme, Jill, avec qui il a eu une fille. Mais en 2015, c’est son fils Bo, le procureur général du Delaware, qui meurt d’un cancer du cerveau. Très affecté, Joe Biden décide de ne pas disputer la primaire démocrate de 2016.

En route vers la présidence ?

L’an dernier, Joe Biden a été accusé par deux femmes de gestes déplacés (un baiser sur la tête sans consentement, un nez frotté contre un autre), et par une de ses anciennes assistantes au Sénat, Tara Reade, de viol. Une accusation que Joe Biden dément formellement, rappelant qu’il est à l’origine d’une loi contre les violences domestiques. Donald Trump le surnomme maintenant, entre autres, « le vicieux ».

Le candidat a également tenu un certain nombre de propos jugés racistes. Il a un jour assimilé des enfants noirs à des enfants pauvres, avant de tenter de se reprendre ; affirmé qu’un Noir n’est pas Noir s’il vote Trump… Des propos qui ont fait scandale, que Joe Biden a lui-même qualifié de fâcheux et qui, finalement, sont mis sur le compte de ses gaffes. Dans le même ordre d’idée, il avait loué les bonnes relations qu’il entretenait au début de sa carrière avec deux sénateurs ségrégationnistes – lors d’un débat, la sénatrice Kamala Harris, d’origine jamaïcaine et indienne, le lui avait reproché. Il la choisira un an après comme colistière. 

La pandémie aura été favorable à Joe Biden qui, confiné à partir du mois de mars dans sa résidence du Delaware, a pu ainsi éviter les faux pas, tout en communiquant avec ses électeurs à partir d’un studio d’enregistrement installé dans son sous-sol. Pendant ce temps, Donald Trump était de plus en plus critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire, et faisait face à des manifestations historiques contre le racisme et les violences policières qui ont suivi la mort de George Floyd, cet Afro-Américain tué par un policier blanc à Minneapolis. 
Finalement, malgré les critiques et les accusations, Joe Biden réussit à présenter aujourd’hui une figure plutôt consensuelle face à un Donald Trump toujours très clivant.

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