Colombie: escalade de violence entre groupes armés fragmentés

Un drapeau colombien sur lequel est écrit «État criminel» lors d'une manifestation contre l'augmentation des massacres en Colombie, à Bogota, le 21 août 2020.
Un drapeau colombien sur lequel est écrit «État criminel» lors d'une manifestation contre l'augmentation des massacres en Colombie, à Bogota, le 21 août 2020. REUTERS/Luisa Gonzalez

Des groupes armés ont fait au moins 17 morts dans diverses régions de la Colombie ces derniers jours. Un des bilans les plus lourds de la violence dans ce pays depuis la signature de l'accord de paix de 2016, ont annoncé samedi les autorités.

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En 24 heures, il y a eu trois massacres dans trois régions différentes. Jusqu'à vendredi, ce bilan se montait selon les autorités à onze morts dans des attaques survenues dans des régions frontalières avec le Venezuela et l'Équateur. Et samedi un « nouveau massacre » a été commis qui a fait « au moins six morts » et deux « disparus », a indiqué dans une vidéo postée sur internet Jhon Rojas, gouverneur de Nariño (sud-ouest), l'une des régions touchées par ces violences.

Selon le gouverneur, le président colombien Iván Duque doit participer à une réunion avec les autorités du sud-ouest du pays pour examiner la recrudescence de la violence financée par le narco-trafic.

Pour Yann Basset, professeur de sciences politiques à l’université du Rosario à Bogota, ces tueries s'expliquent par des affrontements entre différents groupes armés liés au trafic de drogue, aux guérillas et aux paramilitaires.

Ce qu'il y a de commun, c'est des zones où il y a plusieurs bandes armées qui s'affrontent. Apparemment quelques-unes qui se sont créées avec des démobilisés des FARC après les accords de paix.

Yann Basset, professeur de sciences politiques à l’Université du Rosario à Bogotá

Les Nations unies avaient répertorié jusqu'ici 33 massacres en 2020 en Colombie dans ces territoires où dominent l'économie souterraine, la pauvreté et « une présence de l'État limitée ». L'ONU répertorie comme « massacre » tout assassinat d'au moins trois personnes perpétré au même moment par le même auteur ou groupe d'auteurs.

Selon l'ONU, des groupes de délinquants seraient responsables de 78% de ces meurtres. La grande majorité (80%) est par ailleurs localisée dans des départements où se trouvent « des enclaves de production illégale de coca ».

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