Tirs policiers sur Jacob Blake: deux morts dans les manifestations, la famille appelle au calme

Julia Jackson, mère de Jason Blake, appelle au calme lors d'une conférence de presse le 25 août 2020 à Kenosha (Wisconsin).
Julia Jackson, mère de Jason Blake, appelle au calme lors d'une conférence de presse le 25 août 2020 à Kenosha (Wisconsin). Brandon Bell/Getty Images/AFP

Deux personnes ont été tuées par balles et une blessée ce mardi soir 25 août, selon la police de Kenosha. Dans cette ville américaine du Wisconsin, des affrontements ont eu lieu lors de manifestations de colère après les tirs policiers sur Jacob Blake, qui ont grièvement blessé cet Afro-Américain de 29 ans, probablement paralysé à vie. Plus tôt, sa mère avait appelé au calme.

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« Mon fils se bat pour sa vie, a déclaré, émue, Julia Jackson, mère de la victime, lors d'une conférence de presse à Kenosha. Si Jacob savait ce qui se passait, la violence et la destruction, il serait très mécontent. (...) Nous avons besoin de guérir », a-t-elle ajouté alors que son fils était à nouveau au bloc opératoire.

Comme pour George Floyd, un quadragénaire noir mort asphyxié sous le genou d'un policier blanc il y a trois mois, la tentative d'interpellation de Jacob Blake a été filmée par un témoin dimanche. Les images montrent le jeune Afro-américain suivi par deux policiers ayant dégainé leurs armes alors qu'il contourne une voiture. Un agent attrape son débardeur blanc au moment où il ouvre la portière et tente de s'installer sur le siège conducteur. Le policier fait alors feu - l'enregistrement laisse entendre sept tirs -, atteignant ce père de famille de plusieurs balles dans le dos.

« Le diagnostic médical pour le moment est qu'il est paralysé », a affirmé l'avocat de la famille de Jacob Blake, Ben Crump. Il a subi de « graves dommages corporels, dont une section de la moelle épinière », ses reins et son foie ont été endommagés et ses blessures ont nécessité « l'ablation d'une partie de l'intestin », a précisé l'avocat Patrick Salvi, lui aussi sur le dossier. La famille de Jacob Blake va porter plainte au civil, a-t-il annoncé.

« Guerre raciale »

Les avocats ont par ailleurs annoncé qu'ils se rendraient à Washington vendredi pour rejoindre une vaste marche contre les violences policières organisée le jour de l'anniversaire du célèbre discours de Martin Luther KingI have a dream (J'ai un rêve).

Minneapolis, New York ou Portland : plusieurs villes américaines sont devenues depuis dimanche le théâtre de rassemblements parfois violents, des milliers de personnes exigeant que justice soit faite pour Jacob Blake.

À Kenosha, ville de 170 000 habitants située au bord du lac Michigan, entre Milwaukee et Chicago, des échauffourées ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi entre manifestants et forces de l'ordre après l'entrée en vigueur d'un couvre-feu, les premiers tirant des feux d'artifice sur les seconds qui ont riposté avec des balles en caoutchouc. Des grilles en fer ont été installées mardi à proximité d'un tribunal, où des voitures et un immeuble avaient été incendiés la veille. Environ 200 manifestants étaient présents. Dans les affrontements, deux personnes ont été tuées par balle et une blessée, selon des médias.

Des vidéos en ligne montrent des gens courant dans les rues de Kenosha, alors que des coups de feu retentissent. Dans d'autres, on peut voir des hommes blessés, au sol. 

Au moins un petit groupe d'hommes, essentiellement blancs et lourdement armés, patrouillait dans la ville dans la nuit de mardi à mercredi, affirmant vouloir assurer le protection des biens, a constaté un journaliste de l'AFP. Selon le New York Times, la police cherche à savoir si la fusillade de mardi soir « découle d'un conflit entre des milices autoproclamées qui gardaient une station-service et des manifestants ».

Garde nationale

« Ce que nous avons vu ces deux dernières nuits et de nombreux soirs cette année est l'expression de la douleur, l'angoisse et l'épuisement d'être Noir dans notre Etat et notre pays », a estimé ce mardi le gouverneur démocrate du Wisconsin Tony Evers. Il a réitéré ses appels à des manifestations pacifiques et annoncé que des soldats supplémentaires de la Garde nationale seraient envoyés sur place en renfort.

Le président Donald Trump, qui ne s'était pas encore exprimé sur le sujet, a justement exhorté mardi soir sur Twitter le gouverneur à faire appel à la Garde nationale. « Elle est prête, volontaire et plus que capable. Réglez RAPIDEMENT le problème ! », a écrit le milliardaire républicain, qui a fait de « la loi et l'ordre » l'un des thèmes de sa campagne de réélection pour la présidentielle du 3 novembre.

Son adversaire démocrate Joe Biden a quant à lui estimé que le racisme était « une crise de santé publique » aux États-Unis et exigé une enquête fouillée et transparente sur cette nouvelle bavure policière apparente.

Ben Crump, l'avocat de la famille de Jacob Blake, a affirmé que les trois fils de ce dernier se trouvaient dans la voiture au moment du drame, et que le jeune homme avait tenté juste avant de s'interposer dans une dispute entre deux femmes.

Les deux policiers impliqués ont été suspendus de leurs fonctions et une enquête a été ouverte.

À lire aussi : États-Unis: couvre-feu et garde nationale à Kenosha après une nouvelle «bavure» policière

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