Reportage

États-Unis: les émeutes de Kenosha confortent les électeurs de Trump

Carcasses de voitures brulées après les émeutes de Kenosha (Wisconsin) suite aux tirs policiers sur Jacob Blake, le 27 août 2020.
Carcasses de voitures brulées après les émeutes de Kenosha (Wisconsin) suite aux tirs policiers sur Jacob Blake, le 27 août 2020. Kerem Yucel / AFP
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Donald Trump a été officiellement investi ce jeudi 27 août par le parti républicain dans la course à la Maison Blanche. Le président américain a souligné que les villes qui ont connu des émeutes raciales étaient aux mains des démocrates, citant Minneapolis, Portland, New York et Kenosha dans le Wisconsin pour se poser en défenseur de « la loi et l’ordre ». Une rhétorique de la peur qui prend bien auprès de ses électeurs du Wisconsin, un état clé pour l'élection du 3 novembre.

Publicité

avec notre envoyée spéciale à Kenosha, Anne Corpet

« J’ai un panneau Trump dans mon jardin et mes voisins m’ont dit de l’enlever, sinon 'ils vont attaquer ta maison !' » Mary habite le long de la route nationale qui mène à Kenosha. Elle a été choquée par les émeutes, mais pas par l’intervention de milices armées, qui ont fait deux morts en marge des manifestations. « Dans cette partie de l’Amérique, on va se défendre, assure-t-elle. Les propriétaires de commerces doivent se défendre. N’oubliez pas qu’il y a eu trois jours d’émeutes, ils vont brûler nos villes. C’est la gauche radicale ! Donc ce que dit Donald Trump, c’est la vérité. »

Un peu plus loin, la famille Ash a aussi planté un panneau électoral en faveur du président au bord de la route. Ellen est convaincue qu’un complot de la gauche radicale est à l’œuvre en Amérique. « Ce qui se passe en ce moment, c’est qu’un petit groupe très actif et irrationnel a un projet, avance-t-elle. Et ce projet, c’est de faire de l’Amérique un pays socialiste. C’est tout simplement triste. »

« Majorité silencieuse »

Autre électrice de Donald Trump, Anna n'a pas souhaité donner son nom de famille, car elle craint d’être stigmatisée : « Je n’ai jamais eu aussi peur dans ma propre ville de toute ma vie. Je suis triste, je suis en colère, et j’ai peur des émeutes organisées et du chaos. J’aimerais que le président Trump se taise un peu plus, mais quand je vois ce qui se passe dans ma ville et parce que j’ai peur, je suis heureuse d’avoir le droit de porter une arme. »

Pour la présidentielle, Anna ne lâchera pas son champion : « Je crois que cela se verra le 3 novembre parce que beaucoup de gens ont peur dans cette ville et nous voulons pouvoir nous défendre. Je pense qu’il y a une majorité silencieuse. Beaucoup de gens ne disent pas qu’ils vont voter pour Donald Trump. Les gens ont peur de l’afficher parce que sinon ils se font traiter de racistes, même si ce n’est pas vrai. Notre gouverneur démocrate nous a lâchés. Il n’est pas venu ici. Cela fait quatre jours et malgré les troubles dans notre ville, il n’est pas venu. »

Dans le petit parc du centre-ville de Kenosha, quelques dizaines de militants du mouvement Black Lives Matter continuent de se rassembler pacifiquement chaque soir. Le calme est revenu, mais les émeutes de Kenosha n’ont fait que renforcer le camp de Donald Trump.

À lire aussi : Présidentielle américaine: Trump accepte la nomination des républicains, attaque Biden

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail