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Le premier festival international du film autochtone a lieu en ligne

Le festival se tient du 31 août au 5 octobre 2020.
Le festival se tient du 31 août au 5 octobre 2020. Vision Maker Media
5 mn

Du 31 août au 5 octobre 2020, Vision Maker Media, une organisation à but non lucratif engagée dans la représentation des natifs américains aux États-Unis, tiendra pour la première fois un festival international du film autochtone. Le festival se déroulera entièrement sur le web, et proposera une sélection de 33 films, dans le but de faire découvrir la culture native au monde entier.

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Jeunesse, environnement et histoire, LGBTQA+ ou encore émancipation des femmes… Le festival international du film autochtone se concentre sur des thèmes très contemporains à travers le prisme de la culture native, trop souvent muselée. « Nous avons été négligés et ignorés pendant des siècles, explique Francene Blythe-Lewis, directrice exécutive de Vision Maker Media, mais nous faisons partie intégrante de cette société. Nous en vivons chaque aspect. Nous contribuons aussi à l’histoire du monde ».

Sur le site internet de Vision Maker Media, les chiffres parlent d’eux-mêmes : seulement 0,4% des séries télévisées et des films proposent, dans leur casting, un personnage issu d’un peuple natif, selon une étude menée par l’organisation à but non lucratif IllumiNative. Les stéréotypes véhiculés sur ces populations sont encore très ancrés. C’est de cette culture traumatisée, oubliée, que Vision Maker Media veut parler : « Mieux connaître la culture native offre la possibilité d’évoluer dans un monde plus respectueux, souligne Alana Stone, coordinatrice de projets chez Vision Maker Media, s’intéresser aux histoires et raconter ces histoires doit pouvoir créer une conscience commune de l’Histoire américaine et mondiale. »

L’organisation produit et finance des contenus médiatiques réalisés par des natifs, ou qui s’intéressent aux populations autochtones. Vision Maker Media tient habituellement son propre festival de films tous les printemps, mais la pandémie de Covid-19 a forcé les organisateurs à s’adapter : « C’est une très bonne chose de passer au digital. C’est une manière de s’ancrer dans la modernité, de s’ancrer dans le présent et dans les changements actuels. Cela nous permet d’augmenter notre contribution aux Etats-Unis et dans le monde entier, pour faire reconnaître les populations natives », explique Francene Blythe-Lewis.

Un festival qui s’ouvre à l’international

Long-métrages, courts-métrages, documentaires, films d’animation, tous les genres sont proposés durant le festival. Parmi les sélectionnés, un français : Pierre Garcia-Rennes.

Son court-métrage « Oh Corbeau! Oh Corbeau ! » sera diffusé dans le cadre du festival, dans la catégorie jeunesse. Ce film d’animation franco-québécois, déjà sélectionné à la Berlinale, met en valeur les contes et l’oralité native américaine, comme l’explique le réalisateur : « Ces contes portent l’histoire des peuples natifs, et en même temps, ils parlent de choses universelles, comme la morale, la nature, la famille ou l’amour. Ils portent un regard sur le monde qui est bouleversant et magnifique. »

Le 28 septembre, il sera possible de visionner sur la plateforme de Vision Maker Media, « Oh Corbeau ! Oh Corbeau ! », un court métrage d'animation basé sur une légende de la nation Oji-Cri, réalisé par le français Pierre Garcia-Rennes.
Le 28 septembre, il sera possible de visionner sur la plateforme de Vision Maker Media, « Oh Corbeau ! Oh Corbeau ! », un court métrage d'animation basé sur une légende de la nation Oji-Cri, réalisé par le français Pierre Garcia-Rennes. Pierre Garcia-Rennes

Au Québec, Pierre Garcia-Rennes a observé la violence à l’égard des peuples natifs : « Je me suis rendu compte qu’il n’y a pas de place, nulle part dans le système québécois, pour les personnes venant de peuples autochtones nord-américains, que ce soit dans l’éducation, dans la politique, dans la culture. Ne serait-ce que par la violence de leur exclusion du débat politique, c’est une forme de colonisation qui continue. »

« Une sélection très touchante »

Pour ce jeune réalisateur, voir son court-métrage diffusé durant le festival est un juste retour à la base du film. « C’est une sélection qui est très touchante parce qu’elle vient de l’origine du film. Le film ne m’appartient pas, il n’appartient à personne, mais cette histoire a quand même des origines et qu’elle puisse y retourner c’est un très beau cadeau. »

Avec le passage au web, le festival prend de l’ampleur et compte se développer dans le monde entier. « Diffuser le festival sur le web nous permet de toucher un public bien plus conséquent et international, nous avons déjà 9 000 personnes inscrites pour visionner les films sur la plateforme ! » constate avec enthousiasme Alana Stone.

Le thème choisi cette année est « CommUNITY », soit « communauté et unité », un thème qui s’adapte particulièrement bien au nouveau format du festival : « Notre thème était pertinent pour un festival local, car nous avions prévu des partenariats et des rencontres, mais CommUNITY symbolise maintenant un mouvement international de partage et d’unité », conclut Alana Stone.

Le festival débute le 31 août. Chaque semaine, une catégorie et ses films sera publiée, mais le festival propose aussi des conférences et des rencontres virtuelles avec les réalisateurs et réalisatrices. Pour accéder aux films pendant les six semaines de festival, il suffit de s’inscrire gratuitement sur le site de Vision Maker Media.

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