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Venezuela: Nicolas Maduro gracie plus d'une centaine d'opposants

Le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'une conférence de presse à Caracas en mars 2020.
Le président vénézuélien Nicolas Maduro lors d'une conférence de presse à Caracas en mars 2020. AP Photo/Matias Delacroix
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a gracié plus de cent opposants, dont des députés et des collaborateurs du chef de file de l'opposition Juan Guaido, « dans le but de promouvoir la réconciliation nationale », à trois mois de législatives que l'opposition appelle à boycotter.

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Le gouvernement utilise ces grâces « comme monnaie d'échange » pour « légitimer une farce », c'est-à-dire les élections législatives du 6 décembre que l'opposition compte boycotter, a réagi Juan Guaido. « On ne gracie pas des innocents ni ceux qui ont une immunité ».

« Une grâce présidentielle est accordée aux citoyens mentionnés ci-dessous », avait déclaré un peu plus tôt lundi le ministre de la Communication Jorge Rodriguez, en lisant une liste de noms lors d'une conférence de presse diffusée par la télévision d'État. Dans cette liste longue de 110 noms figurent des opposants détenus. D'autres sont en liberté ou en exil.

Le bras droit de Guaido libéré de prison

La figure la plus emblématique de cette liste est Roberto Marrero, bras droit et chef de cabinet de Juan Guaido. Il avait été arrêté pour « terrorisme » et incarcéré en mars 2019, deux mois après que Juan Guaido s'est déclaré président par intérim du Venezuela, en janvier de cette année-là. Roberto Marrero a été libéré lundi soir, ainsi que d'autres opposants tels les parlementaires Gilber Caro et Renzo Prieto, farouchement anti-Maduro, ou l'avocate Antonia Turbay.

Depuis janvier 2019, Juan Guaido, que près de soixante pays dont les États-Unis reconnaissent comme chef d'État par intérim, tente d'évincer Nicolas Maduro du pouvoir. Il estime que le président socialiste, qui jouit du soutien de Cuba, de la Chine et de la Russie, est un « usurpateur » après sa réélection « frauduleuse » lors de la présidentielle de 2018.

Quand une personne fait une concession sans y être obligée, cela signifie forcément qu'elle espère en tirer des bénéfices. En l’occurrence, on parle là du gouvernement de Nicolas Maduro. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’il y a plusieurs réponses possibles de l'opposition suite à cette annonce du président.

Guillermo Aveledo, politologue à l’université métropolitaine de Caracas

Juan Guaido ne figure pas parmi les personnes graciées. La justice vénézuélienne, que l'opposition accuse d'être aux ordres du pouvoir, le poursuit dans plus d'une demi-douzaine d'affaires. Il est notamment accusé d'avoir voulu renverser Nicolas Maduro lors d'un appel au soulèvement de l'armée – resté sans effet – le 30 avril 2019, mais il est libre de ses mouvements à l'heure actuelle.

(Avec agences)


L’opposition rejette ces « grâces présidentielles »

La grâce présidentielle concerne 110 personnes, dont 26 députés. Certains étaient en liberté, mais poursuivis par la justice, d’autres s’étaient exilés et d’autres encore étaient en prison.

Les images de leurs libérations ont été reprises par les réseaux sociaux, comme celle de la figure la plus emblématique de la liste, Roberto Marrero, le chef de cabinet de Juan Guaido. À sa sortie de prison, il est apparu masqué, Covid-19 oblige.

Selon la presse vénézuélienne avec ce pardon, le président voudrait se débarrasser de l’image d’illégalité que lui a collée l’opposition, au niveau national et international. Nicolas Maduro, lui, parle dialogue, retrouvailles, réconciliation avant les élections. Mais à en croire l’opposition l’objectif serait surtout de la diviser pour justement affaiblir sa décision de boycotter le scrutin du 6 décembre.

Les chefs de l’opposition ont rapidement rejeté le pardon du président, affirmant que puisque, selon eux, il n'est pas président, il ne décrète pas de pardon, et qu'il il n’y a pas à les pardonner car ils ne sont pas coupables.

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