Bolivie: le gouvernement porte plainte devant la CPI contre Evo Morales

L'ancien président bolivien, Evo Morales lors d'une conférence de presse à Buenos Aires, en Argentine, le 21 février 2020.
L'ancien président bolivien, Evo Morales lors d'une conférence de presse à Buenos Aires, en Argentine, le 21 février 2020. RONALDO SCHEMIDT/AFP

Le gouvernement de Bolivie a indiqué porter plainte devant la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ex-président bolivien Evo Morales pour crimes contre l'humanité, consécutifs aux barrages routiers organisés par ses soutiens qui ont paralysé le pays le mois dernier.

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Bien que signataire du traité de Rome, un État-partie comme la Bolivie ne peut pas « porter plainte », mais demander à la procureure d'examiner telle ou telle situation. En outre, au nom du principe de complémentarité, la CPI n'intervient que si le système judiciaire national est défaillant.

Des blocages de l’approvisionnement médical

« Le Bureau du procureur général (PGE) est à la CPI à La Haye pour déposer plainte pour #crimescontrel'humanité contre Evo Morales et autres », a néanmoins écrit vendredi sur Twitter la présidente par intérim, Jeanine Añez. Et le PGE a confirmé le dépôt de plainte. Selon la présidente, la plainte est motivée par « le siège imposé dans les villes qui a causé plus de 40 morts par manque d'approvisionnement en oxygène médical » en pleine pandémie de coronavirus.

Evo Morales a démissionné en novembre 2019 à la suite d'une révolte sociale, après 14 années au pouvoir. L'ancien président a dénoncé sur Twitter « une campagne de discrédit » contre lui. « Ils savent très bien que ces accusations ne mèneront à rien parce qu'elles sont fausses. C'est un écran de fumée pendant la campagne électorale. Ils essayent de dévier l'attention du peuple bolivien de la catastrophe économique, sanitaire et humanitaire », assure-t-il.

Élections repoussées à cause de la pandémie

Le gouvernement reproche à l'ancien président de gauche (2006-2019) d'avoir ordonné ces barrages routiers en août pour obliger le Tribunal électoral suprême (TSE) à fixer une date pour les élections, qui ont été reportées à trois reprises en raison de la pandémie. Le TSE a finalement fixé les élections présidentielle et législatives au 18 octobre, mettant fin aux barrages qui avaient provoqué des pénuries de nourriture et de médicaments. Evo Morales est déjà visé par d'autres plaintes déposées par le gouvernement de droite, notamment pour détournement de mineurs.

La Bolivie traverse une crise post-électorale depuis le scrutin d'octobre 2019. Evo Morales s'était proclamé vainqueur de la présidentielle pour un quatrième mandat, mais l'opposition avait crié à la fraude. Après des semaines de manifestations, le président avait démissionné et fui la Bolivie, lâché par la police et l'armée. Il s'est d'abord réfugié au Mexique puis en Argentine.

(Avec AFP)

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