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Ingérence russe dans la présidentielle américaine: un lanceur d'alerte charge la Maison Blanche

Robert O'Brien, conseiller à la sécurité nationale américain.
Robert O'Brien, conseiller à la sécurité nationale américain. 网络图片
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Un responsable des renseignements américains accuse la Maison Blanche de lui avoir ordonné de cesser de faire remonter des informations sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle et de se concentrer sur l'Iran et la Chine à la place, dans une plainte dévoilée mercredi 9 septembre.

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Cette plainte, initiée par ce responsable nommé Brian Murphy, a été rédigée dans le cadre d'une procédure de lanceur d'alerte, un format qui permet à un fonctionnaire normalement soumis à la confidentialité de faire connaître des agissements manifestement illégaux.

« Mi-mai 2020, M. Wolf [ministre de la Sécurité intérieure de Donald Trump, NDLR] a demandé à M. Murphy d'arrêter de faire remonter des rapports du renseignement sur la menace d'une interférence russe aux États-Unis et, à la place, d'informer sur les interférences de la Chine et de l'Iran », a déclaré le lanceur d'alerte dans une plainte déposée en son nom par l'inspecteur général du ministère de la Sécurité intérieure.

« M. Wolf a déclaré que ces instructions venaient directement du conseiller à la sécurité nationale, Robert O'Brien », ajoute le document. Selon les agences de renseignement américaines, la Russie a interféré dans l'élection américaine de 2016, au profit du républicain Donald Trump, dont l'équipe de campagne a été accusée de collusion avec Moscou.

Au terme d'une longue enquête qui a empoisonné la première moitié du mandat du milliardaire new-yorkais, le procureur spécial Robert Mueller avait expliqué ne pas avoir trouvé de « preuves suffisantes » d'une entente entre la Russie et l'entourage du candidat Trump, mais avait décrit une série de pressions troublantes exercées sur son enquête.

Toujours selon les agences du renseignement américain, il y a des risques que la Russie interfère encore dans l'élection de novembre 2020. L'administration Trump, dont l'Iran est la bête noire et qui est engagée dans un conflit diplomatique, économique et technologique avec la Chine, a été accusée par ses détracteurs de manquer de fermeté face à la Russie de Vladimir Poutine.

« Politiser, manipuler et censurer le renseignement »

Selon la plainte présentée mercredi, il a été également demandé à M. Murphy de modifier un document officiel du renseignement américain sur les suprémacistes blancs « pour atténuer la dangerosité de cette menace et pour inclure des informations sur l'importance de groupes violents d'extrême gauche ». M. Murphy, qui était responsable des questions du renseignement au sein du ministère de la Sécurité intérieure, a été relégué à un poste moins important en août, en raison de son refus de céder aux pressions de sa hiérarchie, affirme-t-il.

Des responsables de l'administration Trump « ont cherché de manière illégale à politiser, manipuler et censurer le renseignement, pour que cela bénéficie politiquement au président Trump. Cela met la sécurité de notre nation en danger », a réagi dans un communiqué Adam Schiff, le chef démocrate de la puissante commission du renseignement de la Chambre des représentants.

Adam Schiff était chargé, en début d'année, de superviser l'équipe de procureurs au procès en destitution de Donald Trump, qui était accusé d'avoir abusé de ses fonctions présidentielles en faisant pression sur l'Ukraine afin que Kiev enquête sur le démocrate Joe Biden, son adversaire à la présidentielle de novembre. Inculpé par la Chambre, aux mains des démocrates, Donald Trump avait été finalement acquitté par le Sénat, contrôlé par son camp républicain.

(Avec AFP)

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