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Mexique: des féministes occupent la Commission nationale des droits de l’homme

Marche contre les violences faites aux femmes et féminicides, Mexico, le 24 avril 2016.
Marche contre les violences faites aux femmes et féminicides, Mexico, le 24 avril 2016. Hector Vivas/Getty
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Mexique, des militantes féministes et des mères de victimes occupent depuis une semaine les bureaux de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de la capitale. Le bâtiment a été rebaptisé « Refuge pour femmes Ni Una Menos » (« Pas Une de Moins »). Un cri impérieux face à des institutions inefficaces et une violence contre les femmes toujours grandissante.

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Avec notre correspondante à Mexico, Alix Hardy

Erika Martinez vit depuis une semaine dans le bâtiment avec sa fille, agressée sexuellement il y a trois ans sans que la justice n’ait rien résolu. « Cette action est née de notre impuissance, lorsqu’une autre mère de victime de violences en est venue à s’enchaîner à une chaise pour être entendue alors que c’est un lieu censé protéger nos droits. Moi je n’avais plus rien à perdre : après avoir dénoncé mon compagnon, il m’a frappée et mise à la rue. Cela fait trois ans que les autorités se renvoient la balle dans mon cas. Maintenant qu’on occupe cet endroit, elles seront bien obligées de toutes nous écouter. »

Depuis le début de la semaine, les victimes de violences affluent ici comme Angelica, venue de d’Ecatepec, dans la banlieue de Mexico. « Mon ex-compagnon violent est parti avec notre fille, cela fait sept mois que je ne l’ai pas vue. J’ai porté plainte auprès de plusieurs autorités mais je suis désespérée, car tout ce qu’elles font, c’est se moquer de ma situation. Je suis venue ici pour essayer de me faire entendre. »

Le président Lopez Obrador a critiqué les intentions des militantes et leur mode opératoire, comme ces tableaux de présidents qui ornaient les murs, désormais barbouillés de peinture. Une sourde oreille qui a fait exploser Erika Martinez. « Pourquoi le président s’indigne-t-il pour des tableaux, et pas quand ma fille de sept ans est agressée sexuellement ? »

Des actions de soutien ont été réalisées dans plusieurs Etats du pays. Au Mexique, plus de 10 femmes sont assassinées chaque jour en moyenne dans la plus grande impunité.

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