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Pérou: derrière la procédure de destitution du président, une tentative de coup d'État ?

Le président péruvien Martin Vizcarra fait l'objet d'une procédure de destitution du Parlement.
Le président péruvien Martin Vizcarra fait l'objet d'une procédure de destitution du Parlement. Juan Pablo AZABACHE / ANDINA / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Selon les révélations d'un site d'investigation péruvien, IDL-Reporteros, le président du Parlement péruvien aurait cherché à contacter les forces armées pour obtenir leur soutien avant même le déclenchement de la procédure de destitution contre le président Martin Vizcarra. Ce qui pourrait accréditer la thèse d'une tentative de coup d'État.

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Avec notre correspondante à LimaWyloën Munhoz-Boilot

Selon les révélations du site d’investigation IDL-Reporteros, le président du parlement, Manuel Merino, aurait cherché le soutien des forces armées péruviennes avant même que la procédure de destitution à l’encontre du président Martin Vizcarra ne soit déclenchée. Selon le site d’information, jeudi dernier, le président du parlement a tenté sans succès de contacter le chef du commandement conjoint des forces armées avant de se tourner vers le commandant général de la Marine.

Manuel Merino lui aurait alors indiqué qu’un processus était sur le point de commencer, qu’il pourrait se terminer par le départ de l’actuel chef de l’État. En tant que président du Parlement, la présidence de la République lui reviendrait, donc, de droit. Il espérait donc que ce processus puisse se dérouler « normalement ». En d’autres termes, compter sur l’appui des forces armées.

Vives réactions dans la classe politique péruvienne

Dès leur publication ce samedi 12 septembre, ces révélations ont suscité de vives réactions au sein de la classe politique péruviennes, certains y voyant la preuve d’une tentative de coup orchestré par le président du Parlement. Manuel Merino a certes confirmé avoir contacté de hauts responsables des forces armées, mais assure l’avoir fait pour appeler au calme et pour assurer que le Parlement agirait de façon totalement responsable et conformément à la Constitution en cas de crise.

Si la tentative de coup d’État n’est pas avérée, ces révélations pourraient tout de même influencer le choix des parlementaires lors du vote formel de destitution contre le président Martin Vizcarra prévu vendredi 18 septembre. Ainsi, le chef du parti de droite Podemos Peru et ex-militaire, Daniel Urresti, a d’ores et déjà annoncé qu’il voterait contre la destitution après ce qu’il a qualifié de « tentative de pression sur les forces armées ».

L’enquête se poursuit

Les policiers et procureurs péruviens ont mené ce samedi 12 septembre des perquisitions au domicile de protagonistes d'une supposée affaire de corruption pour laquelle le Parlement cherche à destituer le président Vizcarra.

Ces perquisitions ont été effectuées « au domicile de huit personnes citées ou témoins dans l'enquête sur l'affaire des irrégularités présumées dans l'embauche » d'un chanteur par le ministère de la Culture, a précisé le ministère public dans un communiqué. Elles ont visé la résidence de la secrétaire générale de la présidence péruvienne, et assistante personnelle de Martin Vizcarra, Miriam Morales, ainsi que celle d'un assistant du bureau présidentiel, Karem Roca.

Dans le même temps, les présidents de Bolivie, de Colombie et d'Equateur, pays qui forment avec le Pérou la Communauté andine des nations, ont exhorté le Parlement péruvien à ne pas voter la destitution de Martin Vizcarra dans le contexte actuel d'urgence sanitaire. Le Pérou est touché de plein fouet par la pandémie de Covid-19.

« Nous appelons vos autorités à éviter toute action qui pourrait mettre en danger l'exercice légitime du pouvoir et le processus institutionnel politique et démocratique » au Pérou, indique un communiqué signé de la présidente bolivienne par intérim, Jeanine Añez, et des présidents colombien Ivan Duque et équatorien Lenin Moreno.

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