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Revue de presse des Amériques

À la Une: Colombie, enquête sur des violences qui ont fait 13 morts et plus de 400 blessés

Manifestation dans les rues du quartier de Villa Luz à Bogota, le 9 septembre 2020.
Manifestation dans les rues du quartier de Villa Luz à Bogota, le 9 septembre 2020. AP Photo/Ivan Valencia

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Tout est parti d’une vidéo qui a fait le tour des médias sociaux, sur laquelle on voit un homme, Javier Ordenez, tazé par la police - il reçoit des décharges électriques - à huit reprises, dans la nuit de mardi à mercredi. Les Colombiens descendent ensuite dans la rue pour protester, s’ensuivent de violents heurts avec la police dans la capitale et dans plusieurs autres grandes villes.

El Tiempo s’est procuré une vidéo et six photos prises dans la clinique où avait été emmené Javier Ordenez. Le journal ne publie pas les photos, à la demande de la famille, car elles sont « dures », mais selon elle ce sont « des photos-clés ». El Tiempo les décrit : on y voit que la victime a subi un fort coup sur le côté droit de la tête, son épaule droite est aussi marquée, des bleus aussi dans le cou, autour de l’œil gauche, les poignets. « Avec ces éléments », explique El Tiempo, « sa famille va tenter de prouver que, après avoir reçu les décharges électriques et avoir été violemment battu, Ordonez est mort dans le commissariat de Villa Luz », contrairement à ce qu’affirme, selon El Tiempo, un des policiers, qui soutient que la victime était vivante lors de son arrivée à l’hôpital.

Police et enquêtes

El Espectador de son côté a enquêté sur les très nombreuses violences entre manifestants et policiers qui ont suivi la diffusion de la vidéo. Et le journal s’étonne que la police soit aujourd’hui en train de récupérer dans les hôpitaux toutes les informations concernant les nombreuses personnes blessées (300 civils et 165 policiers) pendant les heurts : nom, numéro de cartes d’identité, heure d’arrivée, type de blessure... « Le problème, note El Espectador, c’est que 75 des civils blessés l’ont été par des armes à feu. Et, si l’on se fie aux dénonciations de la maire (de Bogota, Ndt) et aux vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, les principaux suspects, ce sont les policiers. » Récupérer ces informations est « légal, mais génère des soupçons »,note le journal, qui parle d’une « méfiance évidente des blessés » sur la manière dont vont être utilisées ces informations.

El Espectador s’interroge aussi sur la présence des commissariats dans les quartiers, notant que lors des heurts 49 de ses commissariats sur 130 ont été détruits – c’est dans l’un d’eux que Javier Ordenez avait été emmené après son arrestation. Le journal rappelle aussi que depuis des années des accusations émergeaient « sur des actes inconcevables commis à l’intérieur de ces stations de police ; coups, corruption, abus sexuels, jusqu’aux meurtres », tout cela « a été une des raisons de la colère des manifestants la semaine dernière ».

Les FARC demandent pardon

Toujours en Colombie, les ex-guérilleros des FARC « demandent publiquement pardon aux victimes des enlèvements et à leurs familles », une déclaration « inédite », note Semana. « Ça a été une erreur très grave », « Nous leur avons volé le bien le plus précieux : leur liberté et leur dignité » : Semana commeEl Espectador reprennent en titre les mots de la lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux par les chefs des ex-FARC.

El Espectador rappelle que « 9 000 cas de personnes enlevées entre 1993 et 2012 par les FARC sont considérées comme prioritaires ; 2312 victimes se sont fait connaître, et 350 ex-FARC ont déjà rendu des comptes à la justice. »

Alors pourquoi ces excuses ? Ces anciens dirigeants des FARC affirment, explique Semana, que « le calme de la vie civile » leur a permis de réfléchir « profondément » à leur participation au conflit armé. Mais El Espectador tient à préciser les circonstances de ces excuses : ces hommes avaient été la cible de critiques la semaine dernière, après des révélations de presse. Il s’était avéré que, « devant la Juridiction spéciale pour la paix, ils avaient affirmé que le recrutement de mineurs, un autre délit dont ils doivent répondre devant la justice colombienne, n’avait pas été une politique des FARC ».

États-Unis : la science qui « ne sait pas » contre « l’arnaqueur du climat »

Aux États-Unis, les incendies continuent de ravager la côte ouest. Et le combat contre le feu devient aussi combat politique : « Des feux dévastateurs font entrer le changement climatique dans la campagne présidentielle », titre le Washington Post. Donald Trump, « après des semaines de silence », note le New York Times, s’est rendu ce lundi en Californie, où il a « uniquement imputé la crise à une mauvaise gestion des forêts, et pas au changement climatique ». Et le journal de citer les propos que le président a opposés à un de ses interlocuteurs qui lui opposait justement le changement climatique : « je ne pense pas que la science sache réellement ».

En face, le candidat démocrate Joe Biden s’en est pris au bilan du président républicain : « si nous avons quatre années de plus de ce déni climatique de Donald Trump, combien de banlieues vont encore brûler dans ces feux ? » Le New York Times a joint par téléphone l’ancien gouverneur de Californie, Jerry Brown, qui demande au journaliste (c’est d’ailleurs le titre de l’article) : « Dites-moi, où allons-nous tous aller ? » Et Jerry Brown de s’interroger : « Au Canada, peut-être. Quelle est notre alternative ? L’Iowa ? Là, il y a de plus en plus de tornades. En fait nous sommes dans une crise globale. Elle a été prévue, et elle est en train de se produire. Il va y avoir des problèmes partout aux États-Unis. »

Dans un éditorial, le Washington Post s’exclame : « Nous devons voter pour le futur de la planète », et le moins que l’on puisse dire c’est que cet éditorial n’est pas ambigu : « voter pour Trump, c’est voter pour l’ignorance et la ruine environnementale. Voter pour Biden, qui a promis de rejoindre immédiatement l’Accord de Paris s’il est élu, c’est voter pour la planète Terre ».

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