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La revue de presse des Amériques

À la Une: un rapport de l’ONU accuse le gouvernement vénézuélien de crimes contre l’humanité

Jose Daniel Hernandez, un partisan de l'opposition, tient sa fille à l'extérieur du siège du Service national bolivarien de renseignement (SEBIN) libéré après avoir bénéficié d'une grâce présidentielle, le 31 août 2020 à Caracas.
Jose Daniel Hernandez, un partisan de l'opposition, tient sa fille à l'extérieur du siège du Service national bolivarien de renseignement (SEBIN) libéré après avoir bénéficié d'une grâce présidentielle, le 31 août 2020 à Caracas. REUTERS/Manaure Quintero

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Le rapport des enquêteurs de l’ONU «  accuse le président Maduro d’être responsable de crimes contre l’humanité », titre El Periodiquito, qui précise que l’équipe d’enquêteurs indépendants a planché sur « 223 cas, dont 48 en profondeur, pour un rapport exhaustif de 443 pages » qui court de 2014 à aujourd’hui. El Nacional précise que l’équipe de l’ONU n’a pas pu se rendre au Venezuela et a dû tout faire à distance, « le régime n’ayant pas répondu à ses demandes répétées ». Le journal s’intéresse plus particulièrement à deux des accusations : d’abord le fait que les Forces spéciales aient « couvert des assassinats en les maquillant en affrontements » : ils disposaient des armes près des corps, et appelaient ça « semer des graines » précise El Nacional. Et puis il y a aussi l’utilisation « fréquente» par l’Etat de « la violence sexuelle comme méthode de torture ». Et El Nacional donne les chiffres : « 45 incidents, incluant 89 actes spécifiques de violences sexuelles ».Sur ces 45 incidents, « neuf se sont produits pendant des manifestations, 34 pendant des interrogatoires ou des détentions de dissidents ou d’opposants ; deux pendant des opérations de sécurité. » Des informations corroborées par l’ancien directeur des Services secrets, le SEBIN, Christopher Figuera, qui a estimé que cette institution avait « un comportement culturel de torture ». C’est d’ailleurs le SEBIN, avec le contrespionnage militaire, qui est particulièrement visées par cette accusation – mais El Nacional précise qu’absolument « tout l’éventail des forces de sécurité d’Etat est concerné »par le rapport de l’ONU.

Les réactions

Ce rapport est « rempli de mensonges » affirme dans un tweet repris par le journal 2001 le ministre des Affaires étrangères Jorge Arreaza, qui l’affirme : ce rapport a été « établi à distance, sans aucune rigueur méthodologique, pour une mission-fantôme dirigée contre le Venezuela et contrôlée par des gouvernements aux ordres de Washington ». El Universal note que Jorge Arreaza a en fait retweeté un communiqué datant de 2019 dans lequel le gouvernement Maduro affirmait que l’ONU voulait affaiblir la souveraineté du Venezuela.

L’opposition elle « applaudit » le rapport note El Periodiquito. Pour son chef Juan Guaido rapporte El Nacional, « ça y est, on ne nie plus ce qui se passe dans notre pays » : de fait « ce rapport marque un avant et un après » estime Gonzalo Himiob, de l’organisation de défense des droits de l’homme Foro Penal, puisque, estiment quatre autres ONG dans El Universal, il « ouvre la porte à la justice au Venezuela en ratifiant les accusations » que ces ONG portent depuis des années.

Pour ce qui est des pays étrangers, Ultimas Noticias, journal proche du pouvoir, note que Cuba, soutient du gouvernement Maduro, est intervenu hier pendant le conseil des droits de l’homme de l'ONU pour dénoncer « la politisation et le choix d’un thème sensible pour mener des attaques contre des pays », conseillant à la haute commission pour les droits de l’homme de « se concentrer plutôt sur l’impartialité et l’universalité ».

En Bolivie, l’état d’urgence national contre les incendies

Il n’y a pas que la Californie aux États-Unis qui est en feu ; c’est le cas également en Bolivie, où là aussi les incendies sont devenus politiques : Los Tiempos précise que la présidente Jeanine Anez, en annonçant l’Etat d’urgence, a surtout ajouté que le décret permettant des « incendies contrôlés » pour l’agriculture avait été abrogé. Ce décret, c’est son prédécesseur Evo Morales qui l’avait pris pour les départements de Santa Cruz et Beni, sachant, notait déjà la Razon il y a deux jours, que le département de Santa Cruz est justement « le plus touché par la chaleur et les incendies ». Selon la présidente citée parEl Diario ces décrets étaient en réalité « des attaques contre la faune et la flore » : car « pendant que dans les organisations internationales Evo Morales montrait son soin pour la terre maternelle, au niveau national elle ne lui importait pas », a dénoncé la présidente.

Dans la Razon, l’activiste du climat Pablo Solon parle lui d’une annonce « tardive » et « électoraliste » de la présidente : l'abrogation du décret aurait dû se faire dès le début de l’année pour tenter d’éviter les incendies, « au point où on en est aujourd’hui, l’abrogation ne va avoir aucun effet sur les incendies qui font rage », estime Pablo Solon.

Le Covid en Bolivie

La presse bolivienne se penche sur les incendies mais comme toute la presse d’Amérique latine elle continue de faire la Une de ses sites d’information sur le Covid. Des unes assez variées : d’un côté le Correo del Sur se félicite que la Bolivie enregistre ce mercredi « son chiffre le plus bas de décès liés au Covid depuis septembre », 31 morts. De l’autre dans La Razon le ministère de la santé s’alarme : « la population baisse la garde contre le Covid-19 ». Selon le Comité scientifique, « l’assouplissement des restrictions après le confinement est en train de se transformer en un relâchement de la population », et le risque d’infection devient plus grand. Le Comité demande aussi que l’automédication soit évitée, dénonçant la vente de « kits Covid » élaborés sans supervision ou autorisation du Ministère de la santé, et déjà signalé comme un possible « facteur additionnel » dans l’augmentation de la mortalité liée au Covid-19. La Bolivie compte aujourd’hui 129 000 cas de coronavirus, 7 472 personnes ont perdu la vie, rappelle Los Tiempos.

Aux États-Unis la tempête Sally a surpris

La tempête Sally qui s’est abattue sur le sud-est du pays, du nord de la Floride à l’Alabama, a pris tout le monde par surprise en « avalant les routes et laissant des centaines des milliers des personnes sans électricité », rapporte le Washington Post. « Sally fait partie de ces nouvelles tempêtes qui se renforcent juste avant de toucher terre, alors que c’est le moment où traditionnellement elles perdent de la force », note le journal, c'est « un effet dangereux que les scientifiques attribuent au changement climatique ». Et puis explique le New York Times, ce qui a rendu Sally plus dévastatrice, c’est que la tempête était lente : « Un pouce - deux centimètres et demi - de précipitations par heure, ce n'est pas un problème si la pluie ne dure que 30 minutes ; sur une demi-journée, c'est autre chose », explique Kimberly Wood, de l'université d'Etat du Mississipi, cité par le New York Times. Selon les chercheurs, les liens deviennent de plus en plus évident entre ces tempêtes qui deviennent de plus en plus lentes et, là aussi, le changement climatique : « le réchauffement rapide dans l’Arctique a réduit la différence de températures entre cette région et les tropiques, et donc ralentit les vents qui poussent les tempêtes ».

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