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Coronavirus: le Canada maintient ses restrictions d'entrée aux citoyens américains

Un voyageur tend des documents au douanier pour pouvoir entrer sur le territoire canadien le 18 mars 2020.
Un voyageur tend des documents au douanier pour pouvoir entrer sur le territoire canadien le 18 mars 2020. AP Photo/Jeffrey T. Barnes
Texte par : Pascale Guéricolas
3 mn

On définit souvent la frontière entre le Canada et les États-Unis par ses caractéristiques géographiques puisqu’il s’agit de la plus longue frontière du monde entre deux pays avec près de 8 900 kms. Depuis le 19 mars dernier et l'épidémie de Covid-19, on peut aussi faire remarquer qu’il s’agit d’une frontière fermée. Les douaniers canadiens refusent en effet que les voyageurs considérés comme non-essentiels traversent les douanes.

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De notre correspondante à Québec,

Sondage après sondage, les Canadiens le répètent. Ils approuvent la décision de leur gouvernement de maintenir le pays fermé à leur voisin du sud dans une forte proportion. La gestion plutôt chaotique de l’épidémie sous Donald Trump en effraie plus d’un. Ils craignent que la situation au Canada ne se dégrade si les échanges reprennent à la hauteur des 14 millions de personnes qui se déplacent habituellement de part et d’autre de la frontière.

Rien de tel depuis le printemps. Seuls sont autorisés à entrer au Canada les camions de marchandises, ainsi que du personnel trié sur le volet et des étudiants en route vers leur université. Les postes de douanes désertés pourraient servir de décor pour un film de zombie, alors que le volume de voyageurs a baissé de presque 90%. L’économie des villes frontalières s’en ressent fortement. L’accueil de touristes américains rapporte près de 600 millions d’euros chaque année à la municipalité canadienne des chutes du Niagara. Malgré tout, son maire se dit satisfait de voir les voyageurs du sud rester chez eux pour mieux protéger ses concitoyens.

Les douaniers veillent au grain

La situation n’a rien de facile pour les familles ou pour les couples séparés par cette frontière. Il faut en effet prouver aux douaniers que les partenaires amoureux ont vécu au moins un an ensemble pour pouvoir se retrouver dans l’un ou l’autre des pays. Certains Américains tentent de contourner l’obstacle en faisant mine de se rendre en Alaska, un morceau des États-Unis situé au Nord-Ouest du Canada. Ils prennent prétexte de leur transit routier pour finalement rester au Canada.

Attention, cependant, les citoyens veillent, à l’affût des plaques d’immatriculation étrangères. Et pas seulement sur terre. Des plaisanciers gardent l’œil ouvert pour vérifier que la feuille d’érable rouge sur fond blanc flotte bien au mât des bateaux qui accostent sur les rives canadiennes.

Tout cela n’empêche pas les failles. Cet été, une chef d’entreprise milliardaire américaine a fait une visite éclair dans sa filiale canadienne en avion privé. Les douaniers canadiens l’ont autorisé à passer, même si cette grande donatrice de la campagne de Donald Trump n’accomplissait aucun travail essentiel. Des révélations qui frustrent tous les citoyens qui n’ont pas pu voir leurs proches aux États-Unis depuis six mois.

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