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Pérou: le président Martin Vizcarra échappe à une procédure de destitution

Le président péruvien Martin Vizcarra à la sortie de son audition par le Parlement le 18 septembre 2020 à Lima.
Le président péruvien Martin Vizcarra à la sortie de son audition par le Parlement le 18 septembre 2020 à Lima. AP Photo/Rodrigo Abd
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le président péruvien Martin Vizcarra a échappé à la destitution pour « incapacité morale », ses adversaires n'étant pas parvenus à rassembler le nombre de voix suffisant pour le renverser vendredi 18 septembre au Parlement.

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Les voix de 87 parlementaires sur les 130 qui composent le Parlement monocaméral du Pérou étaient nécessaires pour destituer le président de centre-droit, au pouvoir depuis 2018. Mais à l'issue de dix heures de débat, seuls 32 députés se sont prononcés pour entériner la procédure de destitution pour « incapacité morale », initiée par la semaine dernière par ce même Parlement à la suite d'accusations de manipulation de témoins dans une enquête pour des soupçons de corruption.

L'affaire porte sur l'embauche d'un chanteur par le ministère de la Culture, la justice soupçonnant l'artiste d'avoir bénéficié d'un contrat de complaisance. Des enregistrements audio dans lesquels Martin Vizcarra demande à des témoins de mentir avaient précipité le vote d'une motion du Parlement, 65 parlementaires sur les 52 requis ayant demandé d'enclencher la procédure de destitution.

À l'ouverture des débats vers 10h locales (15h TU), Martin Vizcarra s'est rendu au Parlement pour plaider sa cause, bien qu'il n'y soit pas tenu par la loi. « Je ne pars pas, je ne l'ai pas fait avant et je ne vais pas le faire maintenant », a-t-il déclaré. Mais il s'est ensuite retiré, laissant la parole à son avocat, Me Roberto Pereira, qui a demandé « le rejet » de la procédure « car elle souffre d'un manque de caractérisation des faits ».

Cette crise politique n'est pas liée à des différences idéologiques, puisque le président et la majorité parlementaire sont tous deux de centre-droit. Elle se résume, selon les analystes et aux yeux de la population, à une simple lutte de pouvoir, avec la polémique autour du contrat du chanteur pour prétexte. Selon un sondage rendu public mardi, 80% des Péruviens pensaient que le Martin Vizcarra, 57 ans, devait rester au pouvoir.

(Avec agences)

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