Accéder au contenu principal

Déforestation de l’Amazonie: le groupe Casino menacé de poursuites par plusieurs ONG

Le grand distributeur Casino est épinglé par un groupe d’ONG car il vendrait de la viande issue de fermes qui pratiquent la déforestation en Amazonie, l’accaparement des terres et le travail forcé.
Le grand distributeur Casino est épinglé par un groupe d’ONG car il vendrait de la viande issue de fermes qui pratiquent la déforestation en Amazonie, l’accaparement des terres et le travail forcé. CARL DE SOUZA / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le géant français de la distribution se retrouve de nouveau sur la défensive : ses magasins vendraient de la viande d’élevage liée à la déforestation en Amazonie. Dans une lettre adressée au PDG du groupe, Jean-Charles Naouri, plusieurs ONG l’accusent de violer le principe de vigilance et menacent de le traîner en justice.

Publicité

Avec notre correspondant à Sao Paulo, Martin Bernard

Casino campe sur ses positions. La filiale du groupe français, qui opère dans 4 pays sud-américains, a publié un long communiqué ce lundi soir. Le groupe affirme qu’il reste « attaché au combat contre la déforestation lié à l’élevage » au Brésil, et qu’il pratique « une politique systématique et rigoureuse de contrôle de la viande bovine livrée par ses fournisseurs ».

Ce n’est pas la première fois que Casino est épinglé par les ONG. Au mois de juin, l’une d'entre elles, Envol Vert, avait fait état de l’existence de quatre fermes liées à la déforestation au Brésil, et d’une cinquantaine de produits « vendus en rayon, et aussi dans les étals de boucher ». Casino affirme au contraire que l’origine de ses fournisseurs est déjà examinée à la loupe, sous la houlette de l’ONG Imaflora.

Le groupe d’ONG françaises, américaines, et colombiennes invoque pourtant « le devoir de vigilance », issu d'une loi de 2017, qui leur permet de poursuivre en France une multinationale française pour ses activités et celles de ses filiales à l'étranger, si elles ne respectent pas les droits humains et de l'environnement. 

À écouter: Menaces sur l'Amazonie 


Trois mois pour se mettre en conformité 

L’ONG Notre Affaire à Tous fait partie du groupe d’ONG qui souhaite poursuivre le groupe Casino. Pour Cécilia Rinaudo, la coordinatrice générale, ce qui est reproché à Casino, « c’est un contrôle insuffisant de l’origine de la viande de bœuf qui est commercialisée en Amérique du Sud, au Brésil et en Colombie notamment, et donc un mauvais contrôle des activités de ses fournisseurs et de ses sous-traitants ».

« Une étude qui a été publiée par Envol Vert, un des partenaires de l’action, a révélé qu’une partie de la viande qui était vendu dans les supermarchés du groupe casino étaient issues de fermes d’élevage qui pratiquaient la déforestation, l’accaparement des terres autochtones et le travail forcé, poursuit Cécilia Rinaudo. On demande l’arrêt immédiat de l’approvisionnement auprès des abattoirs qui sont concernés. Cela passe par un nouveau plan de vigilance qui sera beaucoup plus précis et détaillé, qui présentera une cartographie qui analysera les risques d’atteintes graves qui résultent de l’approvisionnement de ces filiales mais également des outils de contrôle et d’évaluation. Cela va surtout permettre aussi la mise en place d’un système d’alerte pour faire remonter les problèmes. »

Pour le groupe d’ONG françaises, américaines et colombiennes, Casino a trois mois pour se mettre en conformité et pour répondre à leurs demandes. « Si Casino ne le fait pas, on pourra dans ce cas-là saisir la juridiction compétente et assigner Casino en justice », précise l’ONG Notre Affaire à Tous.

À écouter: Au Brésil, la déforestation gagne du terrain

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.