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Covid-19: à Buenos Aires, après 6 mois de confinement, les règles s’assouplissent

Alors que Buenos Aires vient de passer le cap des 6 mois de confinement, les restaurants, bars et cafés sont de nouveau autorisés à servir en terrasse depuis le début du mois. Les réunions de moins de 10 personnes sont permises dans les espaces publics.
Alors que Buenos Aires vient de passer le cap des 6 mois de confinement, les restaurants, bars et cafés sont de nouveau autorisés à servir en terrasse depuis le début du mois. Les réunions de moins de 10 personnes sont permises dans les espaces publics. ALEJANDRO PAGNI / AFP

La capitale argentine vient de passer le cap des six mois confinés, un record mondial. Malgré les restrictions, le confinement a toutefois été un peu assoupli ces dernières semaines dans la mégapole, permettant à un grand nombre de commerces d’être ouverts.

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De notre correspondante à Buenos Aires

Les restaurants, bars et cafés sont de nouveau autorisés à servir en terrasse depuis le début du mois. Les réunions de moins de 10 personnes, elles, sont permises dans les espaces publics et à l’air libre. C’est une respiration, après six mois d’enfermement. Les rues de la capitale ont retrouvé une certaine activité, car la plupart des commerces sont ouverts, même si tous doivent respecter un protocole très strict. 

Les restrictions restent cependant nombreuses. À Buenos Aires, seuls les travailleurs des secteurs dits « essentiels » peuvent prendre les transports en commun. Il n’est pas permis de quitter la ville sauf si l’on a un permis de travail ou une urgence familiale. Les réunions entre amis et en famille dans les espaces fermés sont interdites.

Comme dans tout le pays, les enfants ne vont pas à l’école depuis plus de six mois. Ils ont déjà perdu les deux tiers de l’année scolaire en cours présentiel, car l'Argentine sort tout juste de l’hiver austral. Ils n’étaient donc pas en vacances d’été ces derniers mois.

Les restrictions sont plus importantes encore en grande banlieue de Buenos Aires, où les restaurants et cafés restent fermés. Par ailleurs, plusieurs provinces du pays qui avaient commencé à se déconfiner sont revenues ces dernières semaines à la phase la plus stricte du confinement en raison d’une explosion du nombre de cas.

À écouter: Les conséquences économiques de la pandémie en Argentine

Le nombre de cas toujours en hausse

Malgré ces six mois de restrictions, le nombre de cas et de décès continue d’augmenter en Argentine. Il y a eu plus de 10 000 cas quotidiens depuis début septembre et en ce moment, près de 250 décès par jour sont recensés.

Ce qui a changé ces dernières semaines, c’est la répartition des cas positifs. Au début de l’épidémie, l’immense majorité des nouveaux cas étaient recensés dans le grand Buenos Aires. Aujourd’hui, l’épidémie s’accélère dans le reste du pays. Ce qui préoccupe énormément les autorités car dans plusieurs provinces, les services de soins intensifs frôlent la saturation.

Une telle accélération de l'épidémie peut sembler paradoxale, alors que la décision du confinement a été prise très tôt, quand l'Argentine ne comptait qu’une centaine de cas positifs. Cet isolement obligatoire a fait gagner du temps au système de santé, qui a pu s’équiper et éviter la saturation. Mais les experts estiment que certaines mesures ont manqué, comme la traçabilité systématique des cas positifs. Le nombre de tests réalisés est aussi très bas par rapport à d’autres pays : 39 000 par million d’habitants, contre 153 000 en France.

Un confinement difficile à respecter

En Argentine, le confinement a été adopté comme principale mesure de lutte contre le coronavirus, mais il n’a pas pu être respecté autant qu’en Europe. Comme beaucoup de pays d’Amérique latine, l’Argentine compte une grande proportion de travailleurs informels : 40 % de la population active environ. Dans un pays qui traversait déjà une crise économique avant même la pandémie, les aides de l’État ont été insuffisantes, et ces personnes ont été nombreuses à devoir sortir travailler pour survivre.

Il faut aussi comprendre qu’après des mois de confinement, une certaine lassitude s’est installée au sein de la population. Psychologiquement, beaucoup ont eu du mal à supporter cet isolement forcé, dans une société qui accorde habituellement une grande importance à la famille et à la vie sociale. Certains ont donc fait le choix de voir leurs proches malgré l’interdiction, ce qui a aussi facilité la circulation du virus.

L’Argentine, qui a recensé jusqu’ici 13 500 morts du coronavirus, n'a toujours pas passé le pic de l’épidémie et reste confinée jusqu'au 11 octobre.

À écouter: Coronavirus: vers un vaccin accessible à tous les pays d'Amérique latine

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