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Honduras: un journaliste abattu par balle, le 85e en deux décennies

Une vue générale de la ville de Tegucigalpa, la capitale du Honduras.
Une vue générale de la ville de Tegucigalpa, la capitale du Honduras. AP Photo/Eduardo Verdugo
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Un journaliste hondurien a été tué par balle dimanche 27 septembre par deux inconnus circulant à moto. C'est le 85e assassinat d'un journaliste depuis 2001 dans ce pays d'Amérique centrale, l'un des plus dangereux du monde hors zones de conflit armé, a annoncé la police lundi.

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Luis Almendares, 35 ans, un journaliste indépendant sur internet et critique du gouvernement, avait déposé une dizaine de plaintes pour menaces de mort auprès de la police et auprès d'une institution officielle de protection des journalistes, selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Le journaliste allait dimanche faire des courses à Comayagua, à 60 km au nord de Tegucigalpa, « quand il a été intercepté par deux individus sur une moto, qui ont tiré sur lui à plusieurs reprises », a indiqué la police dans un communiqué. Touché par trois balles, Luis Almendares a été hospitalisé dans un état grave et est décédé lundi matin, a annoncé à l'AFP Amada Ponce, la directrice de l'ONG Comité pour la libre expression (C-Libre).

Un total de 85 journalistes, employés ou propriétaires de médias, ont été assassinés depuis 2001 au Honduras, et 90% de ces crimes sont restés impunis, a dénoncé Amada Ponce.

Le bureau au Honduras du Haut-Commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme (HCDH) a « appelé instamment l'État hondurien à faire une enquête indépendante, rapide, efficace et impartiale » sur cet assassinat. Les présidents de la Société inter-américaine de presse (SIP), Christopher Barnes, et de la Commission de la liberté de la presse et de l'information, Roberto Rock, ont exprimé leur indignation, en rappelant que 15 autres journalistes ont été assassinés sur le continent américain depuis le début de l'année.

Le président de l'Ordre des journalistes du Honduras Dagoberto Rodriguez, en réaction à l'assassinat, a annoncé le retrait de l'institution officielle créée par le gouvernement pour protéger les journalistes, les défenseurs des droits de l'homme et les juristes. « Le gouvernement a laissé pratiquement ce mécanisme aller à la dérive en ne lui donnant ni moyens logistiques ni financiers », a-t-il dénoncé. Il a fustigé l'impunité des auteurs d'assassinats de journalistes et de travailleurs des médias : « Le gouvernement démontre que cela ne l'intéresse pas », a-t-il asséné.

Un défenseur de l'environnement a également été abattu dimanche à son domicile au Honduras avec sa femme et son beau-frère, a dénoncé lundi le bureau du Haut-commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme au Honduras. José Antonio Teruel a été assassiné « avec son épouse Francisca Aracely Zelaya et son beau-frère Marco Tulio Zavala » à son domicile de San Fernando, dans le département d'Olancho (est du pays), a « profondément déploré » le bureau du HCDH sur Twitter. La police a avancé dans un communiqué que des « problèmes personnels » auraient motivé l'attaque par des inconnus contre le domicile du défenseur de l'environnement. Trente-sept assassinats collectifs ont fait un total de 139 victimes depuis le début de l'année au Honduras.

(Avec AFP)

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