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Revue de presse des Amériques

À la Une: en Haïti, les réactions à la mort d’un étudiant

Vue de Port-au-Prince.
Vue de Port-au-Prince. REUTERS/Andres Martinez Casares

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Grégoire Saint-Hilaire étudiait à l’ENS, l’université d’État d’Haïti. Vendredi 2 octobre, il manifestait avec un groupe d’étudiants pour « réclamer des lettres de nomination dans le système éducatif » explique Haiti Press Network. Un « étudiant protestataire » interrogé par le Nouvelliste raconte ce qu’il a vu : « Soudain arrivent deux véhicules transportant des agents de l’Unité de sécurité générale du palais national, qui ont lancé du gaz lacrymogène et tiré dans notre direction pour éteindre le mouvement. C’est à ce moment-là que l’étudiant a été atteint d’un projectile au dos ». Alterpresse reproduit une lettre ouverte de professeurs de l’université condamnant « avec véhémence l’attaque », affirmant que l’élève a été « lâchement assassiné » et que « rien de tel ne s’est produit, en plus de trente ans de mouvements revendicatifs et sociaux, dans le milieu universitaire haïtien ».

« La responsabilité de cet acte odieux incombe au gouvernement de la République », martèle le texte. De leur côté, dans le Nouvelliste, des responsables de l’université rappellent que « plus d’une fois, les agents de cette unité (en charge de la sécurité du président de la République, ndlr) ont exercé de la “brutalité” à l’endroit des personnes fréquentant l’université. » Et la direction de l’ENS d’appeler « à la mobilisation de toute la communauté universitaire et de la nation. »

Des doutes sur l’état de santé réel du président américain

Aux États-Unis, la presse se pose beaucoup de questions sur l’état de santé réel du Donald Trump. En Une, le Washington Post parle de « confusion », le New York Times de « faits troublants », le Boston Globe se dit « préoccupé »… Selon le New York Times, le traitement appliqué au président suggère, contrairement à ce qu’affirme la Maison Blanche, une « forme sévère du virus ». Mais selon certains experts, peut-être « le président décide-t-il lui-même de son traitement, peut-être demande-t-il un traitement très fort en dépit de risques qu’il ne comprend peut-être pas parfaitement... »

Du coup, son médecin, le Dr Sean P. Conley, fait l’objet de toutes les attentions pour avoir, selon le Washington Post « peint un tableau idyllique de la santé du président ». Le fait est, rappelle le New York Times, que le praticien « a reconnu avoir trompé le public sur le traitement de Donald Trump pour refléter “l’attitude positive” de la Maison Blanche ». Et révèle le Wall Street Journal cela avait commencé très tôt  puisque,selon le quotidien, jeudi dernier le président n’a pas donné le résultat de son premier test, qui était positif, lorsqu’il est intervenu juste après sur la chaîne Fox News.

Force et santé

Ce que veut le président Trump, c’est projeter une impression de force, estime le Boston Globe, confère ce dimanche sa « sortie surprise et, semble-t-il, risquée de son lit d’hôpital pour saluer ses supporters » et ainsi, explique le Globe, « dissiper toute impression de faiblesse ». Maintenant, « certains de ses proches collaborateurs craignent qu’il ne fasse pression sur le Dr Conley pour qu’il le laisse sortir de l’hôpital, en lui disant qu’il se sent mieux alors que ce n’est pas le cas. »

Il faut dire, juge le Washington Post, que « la maladie de Trump stoppe sa campagne juste au moment où elle a besoin d’un bon stimulant », après une semaine catastrophique, entre « révélations du New York Times sur le non-paiement partiel ou total de ses taxes ces dernières années, un débat agressif qui risque de détourner beaucoup d’électeurs, l’arrestation de son ancien directeur de campagne en Floride, et finalement son hospitalisation ». Une hospitalisation que du coup « les conseillers et les alliés de Trump essaient d’utiliser pour galvaniser sa base ». Confère cet article du New York Post, proche des républicains : « Sa bataille contre le coronavirus prouve la bravoure du président ». Le NYP qui frappe durement Joe Biden, l’adversaire du président, qui depuis le début de la pandémie multiplie les précautions : « si c’était votre grand-père, vous admireriez son attitude. Mais un président ne peut pas être paralysé par la peur, et c’est la même chose pour le pays. »

Le New York Times lui se félicite des mesures de précaution prises par l’ancien vice-président qui lui permettent, à lui, « de continuer sa campagne ». Mais le journal regrette que son protocole de santé personnel reste en grande partie caché : « une transparence totale crée de la confiance dans la communauté, et permet d’apaiser les peurs et les inquiétudes », affirme dans le journal le Dr Kelly Michelson, de l’école de médecine de l’Université Feinberg.

Au Costa Rica, le président retire sa proposition de dialogue avec le FMI

Le président Carlos Alvarado retire sa proposition une semaine après le début de manifestations, parfois violentes, dans tout le pays, note La Republica. La Nacion rappelle que l’objectif de ces négociations, c’était « donner un peu d’oxygène aux finances publiques, à cause de la recrudescence de la crise fiscale provoquée par la pandémie ». Mais « pour accéder à ce financement, le pays devait subir un fort ajustement économique » : ce qui était proposé, c’était imposer « les transactions bancaires, la propriété, les salariés, les revenus des entreprises », entre autres. D’où ces manifestations qui, rapporte La Republica, bloquaient hier encore à 14 heures, 36 points du pays.

Carlos Alvarado retire donc cette proposition et dans la foulée « ouvre un processus de dialogue » avec les différents secteurs du pays, un processus qu’il dirigera, même si note La Republica on ne sait pas encore qui sera invité. En tous cas, rapporte la Nacion, la quasi-totalité des députés, les entreprises et les églises catholiques et évangéliques applaudissent la décision du président. Mais prévient le journal « les dirigeants et les syndicalistes qui sont derrière les manifestations affirment qu’elles continueront ce lundi ». Dans l’article, un ancien député, Celimo Guido, explique cette décision en affirmant : « chaque fois qu’ils négocient, qu’ils obtiennent la levée d’un mouvement, c’est pour le briser et ensuite s’en moquer. »

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