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Cour suprême: le Sénat auditionne Amy Coney Barrett dans un contexte inhabituel

La juge Amy Coney Barret à Washington le 1er octobre 2020.
La juge Amy Coney Barret à Washington le 1er octobre 2020. Erin Scott/Pool via AP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Aux États-Unis, c’est ce lundi 12 octobre que commencent les auditions au Sénat pour la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême. La procédure est décriée par les démocrates qui estiment qu’il faut attendre que l’élection présidentielle soit passée. 

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Avec notre correspondante à New York, Loubna Anaki

C’est dans un contexte inédit que s’ouvrent les auditions d’Amy Coney Barrett ce lundi. La présidentielle est dans un peu plus de trois semaines, et ce rendez-vous politique est toujours au cœur du bras de fer entre les républicains, qui poussent cette nomination, et les démocrates, qui estiment que ce devrait être au président élu en novembre de choisir un nouveau magistrat.

À cette polémique, il faut désormais ajouter le risque du coronavirus. Au moins deux sénateurs républicains censés participer aux auditions ont été testés positifs. Tous deux étaient présents à la cérémonie où le président avait annoncé son choix pour Amy Coney Barrett et où lui-même aurait été contaminé.

Ce week-end, plusieurs responsables démocrates ont encore une fois appelé à reporter les auditions par précaution. Mais Lindsey Graham, le président de la commission judiciaire estime que toutes les règles sont en place : les masques sont obligatoires, les sièges des 22 sénateurs de la commission bi-partisane seront espacés et ceux qui le souhaitent peuvent participer virtuellement.

Tout cela reste cohérent avec la volonté du camp républicain de faire vite et nommer la magistrate à la Cour suprême avant l’élection.

Compte tenu les enjeux, ces auditions seront suivies de près, notamment parce que Kamala Harris y participe. La colistière de Joe Biden pourra interroger Amy Coney Barrett. Il y a deux ans, la sénatrice s’était illustrée par ses questions percutantes lors des auditions d’un autre juge à la Cour suprême, Brett Kavanaugh.

En dire le moins possible

Pour Simon Grivet, maître de conférences en histoire et civilisation des États-Unis à l'Université de Lille, les membres de la commission ne vont pas attaquer Amy Coney Barrett sur son profil ou sur sa vie personnelle, « ou même sur sa foi, puisque c’est une juriste et une juge catholique fervente », mais plutôt sur les conséquences directes de sa nomination à la Cour sur deux sujets principaux : « L’assurance maladie Obamacare, qui est menacée d’être annulée par la Cour suprême après l’élection » et « la question de l’avortement, qui pourrait aussi être remis en cause [pas l'institution] dans les prochains mois. » Pour les démocrates, il s'agira, par ces attaques, de mobiliser leur électorat en montrant ce que des républicains avec les pleins pouvoirs peuvent faire, estime l'universitaire.

Comment l'intéressée va-t-elle se défendre ? Sa déclaration liminaire a déjà fuité dans la presse. « Elle va se défendre comme se défendent tous les juges qui sont nommés à la Cour suprême, particulièrement ceux qui sont conservateurs, poursuit Simon Grivet. C’est-à-dire qu’elle va se présenter comme une juriste apolitique, qui est là pour interpréter la loi telle qu’elle est écrite et pas pour faire de la politique. Et puis, elle fera ce que font tous les nommés à la Cour suprême depuis au moins trente ans : essayer de faire les réponses les plus courtes et les moins compromettantes possibles. Elle refusera, probablement, de dire ce qu'elle déciderait dans tel ou tel cas. »

Les médias et les élus en seront donc vraisemblablement réduits à interpréter les messages codés destinés aux conservateurs, sur le port des armes ou la liberté religieuse par exemple.

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