Chili: les Mapuches manifestent pour leurs terres et une nouvelle Constitution

Marche de la résistance mapuche, Santiago du Chili, 12 octobre 2020: des chants et danses pour accompagner les revendications traditionnelles sur leur territoire ancestral et cette année pour le "oui" à une nouvelle Constitution.
Marche de la résistance mapuche, Santiago du Chili, 12 octobre 2020: des chants et danses pour accompagner les revendications traditionnelles sur leur territoire ancestral et cette année pour le "oui" à une nouvelle Constitution. REUTERS/Ivan Alvarado
Texte par : RFI Suivre
4 mn

On commémorait lundi 12 octobre la découverte du continent américain par Christophe Colomb, en 1492. C'est une fête nationale en Espagne et un jour férié dans plusieurs pays d'Amérique latine. Mais pour les peuples indigènes latino-américains, cette date symbolise le début de la colonisation et d'une longue série de violences contre eux. Au Chili, les peuples autochtones représentent près de 10% de la population. Ils manifestaient hier pour exiger leur autonomie politique. Un rassemblement qui intervient à moins de deux semaines du référendum pour ou contre la rédaction d'une nouvelle Constitution.

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avec notre correspondante à Santiago, Justine Fontaine

« La terre est notre mère, elle n'est pas à vendre mais à défendre », crient les manifestants, presque tous masqués, sur la principale avenue de Santiago, l'avenue Alameda lors de la marche de la « résistance mapuche ».

Camila Llanquinahuel est venue en habit traditionnel mapuche, le principal peuple indigène du Chili. « Cela fait plus de 500 ans que nous sommes soumis à l'oppression, celle des Espagnols d'abord, et celle du gouvernement chilien ensuite. Nous revendiquons le droit de notre peuple à récupérer son territoire ancestral, et les droits de nos frères emprisonnés pour avoir défendu ce territoire. », nous explique t-elle.

Ces dernières années, plusieurs procès contre des Mapuches ont été jugés injustes par des organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty international.

Ricardo Huanulef, Mapuche lui aussi, est venu du sud du pays, de l'Araucanie, la région où vivent la plupart des communautés mapuches. Il a l'espoir que les droits des peuples indigènes soient mieux reconnus au Chili, après le référendum du 25 octobre. « Nous espérons que la nation chilienne, par son vote, approuve un changement de Constitution, pour abandonner la Constitution écrite sous la dictature de Pinochet. Nous souhaitons que ce changement ait lieu aussi en faveur des peuples autochtones, pour que ces peuples récupèrent leurs terres. »

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Aujourd'hui, la Constitution chilienne ne reconnaît pas l'existence des peuples autochtones dans le pays. Outre les Mapuches, plusieurs autres groupes ethniques cohabitent au Chili comme les Atacameños et Aymaras dans le Nord ou les Coyas dans les Andes et les Rapa Nui sur l'île de Pâques.

Le « oui » à une nouvelle Constitution est donné largement gagnant dans les enquêtes d'opinion.

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