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Carnet de route

États-Unis: escale dans le Midwest avec des républicaines jusqu’au bout des ongles

Si Joe Biden est donné largement vainqueur dans les sondages, les électeurs républicains restent très optimistes sur l'issue du scrutin.
Si Joe Biden est donné largement vainqueur dans les sondages, les électeurs républicains restent très optimistes sur l'issue du scrutin. Jon Cherry / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Si Joe Biden est donné largement vainqueur dans les sondages, les électeurs républicains restent très optimistes, persuadés que tous ceux qui avaient choisi Donald Trump en 2016 n’ont pas changé d’avis. Et que certains n’osent pas se prononcer publiquement en sa faveur mais n’en pensent pas moins. 

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De notre envoyée spéciale à Evansville, 

« Tu sais que le shérif du comté a annoncé qu’il changeait de parti ? Il est devenu républicain ! C’est le deuxième qui fait ça en quelques mois. Normal, les démocrates sont contre la police. » À la terrasse d'une pizzeria de Evansville, dans l’Indiana, deux femmes discutent des dernières nouvelles du coin. En ce moment, c’est les vacances d’automne ici, alors Linda, enseignante dans un lycée rural du Kentucky, à une heure d’ici, en a profité pour traverser la rivière Ohio afin de rendre visite à sa sœur Mary. « On ne s’est pas vues depuis plus de quatre mois à cause du Covid. Mais bon, maintenant ça suffit, on en a marre ! » s’exclame-t-elle.

Trump, « l’oncle grincheux qui dit tout haut à table ce que tout le monde pense mais n’ose pas dire »

À en croire Mary, cadre dans une compagnie d’assurance, Evansville est une ville où il fait bon vivre. C’est vrai que le centre-ville est moderne et propret, et héberge visiblement les bureaux de grandes entreprises dans les secteurs de l’énergie, de la finance et de la santé. « Il y a beaucoup de travail, les gens sont gentils, c’est une ville sûre, et c’est une ville républicaine », sourit-elle.

Ces deux femmes joviales et coquettes voteront pour Donald Trump cette année encore, parce qu’elles sont avant tout républicaines. « Mais je vais vous dire une chose : j’ai lu que nous, les femmes diplômées de classe moyenne, on n’est pas censées “aimer” Donald Trump. Mais ce n’est pas la question ! Oui, il est détestable parfois, mais il est un peu comme l’oncle grincheux qui dit tout haut à table ce que tout le monde pense mais n’ose pas dire. Le plus important, c’est qu’il a été élu sur un programme par une bonne moitié du pays et qu’il fait ce qu’il avait promis. »

Du concret pour l’économie

Linda encense son bilan économique pré-Covid-19. « Mon portefeuille d’actions se portait très bien et il n’y avait presque plus de chômage ! », affirme-t-elle, alors que sa sœur mentionne une réforme bénéfique pour les vétérans : « Avant, notre père et notre frère, qui vivent en plein milieu des champs de maïs, devaient conduire plusieurs heures pour aller se faire soigner dans des hôpitaux spécifiquement dédiés aux vétérans, sinon, ils n’étaient pas couverts par l’assurance. Trump a supprimé ces restrictions, donc maintenant ils peuvent aller à l’hôpital le plus proche de chez eux. » « Et puis les taxes ont baissé pour beaucoup de gens, pas que pour les riches ! », affirme-t-elle. Et ça, prédit-elle, très sûre d’elle, « ça va lui rapporter de nouvelles voix ».

Puisqu’elles ont l’air d’apprécier notre bavardage au soleil, sans masques, j’en profite pour leur demander ce qu’elles pensent de la gestion de la crise du Covid-19 par leur président. Haussement d’épaules de Linda : « On voit bien que des gens meurent, mais 99% des gens s’en sortent et on arrête quand même toute l’économie, c’est de la folie ! estime-t-elle. Ce sont essentiellement des personnes âgées et/ou malades qui succombent. C’est triste mais c’est la vie, et la vie c’est risqué ! »

« Les Noirs s’entretuent davantage qu’ils ne sont tués par les autorités ! »

J’ai beau tester tout l’argumentaire démocrate, rien ne les déstabilise. Sur la légitimité des manifestations qui dénoncent les violences policières contre les Afro-Américains ? « Il y a sûrement des brebis galeuses dans la police. Du racisme, il y en a partout dans le monde mais qu’il soit inscrit dans nos lois, dans nos institutions, non, plus maintenant », assure Linda, qui s’énerve un peu. « Et puis, la grande majorité des crimes commis dans notre pays ne sont pas du fait de la police ! Les gens s’entretuent, les Noirs s’entretuent davantage qu’ils ne sont tués par les autorités ! Et puis on n’entend pas autant parler des Blancs abattus par la police, mais il y en a aussi ! »  

À ce sujet, Mary a sa petite idée : « Moi je crois qu’il y a un intérêt politique pour les démocrates à mettre en avant ce genre de divisions raciales et à encourager les manifestations parce que ça joue en leur faveur électoralement. » Étonnant paradoxe quand on sait que les démocrates accusent Donald Trump d’instrumentaliser ces questions, notamment quand il refuse de condamner les suprématistes blancs.

Mon bus pour Saint-Louis, dans le Missouri, n’attendra pas. L’escale est terminée. Je prends congé de Mary et Linda qui veulent à tout prix me faire un « hug » (une accolade), l’équivalent de la bise en France, un geste peu recommandable dans le monde covidé. « Tu verras, on va encore être surpris des résultats ! God bless you ! » Une expression qui revient décidément très souvent ici. Les électeurs républicains ont visiblement une foi à toute épreuve.

Pour découvrir les précédents épisodes de ce « carnet de route » :

 États-Unis : Scranton, ville de naissance de Biden, résistera-t-elle encore à Trump ?

États-Unis: dans la « ceinture de rouille », Trump et le boom du gaz

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