Accéder au contenu principal

Colombie: grève générale et manifestations contre la politique du président Duque

Colombie: quatrième "grève générale" en Colombie ce mercredi 21 octobre, après onze mois de protestation contre la politique du gouvernement Duque. Syndicats, étudiants et communautés indiennes marchent côte à côte dans la capitale.
Colombie: quatrième "grève générale" en Colombie ce mercredi 21 octobre, après onze mois de protestation contre la politique du gouvernement Duque. Syndicats, étudiants et communautés indiennes marchent côte à côte dans la capitale. REUTERS/Luisa Gonzalez
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Mercredi 21 octobre, c'était jour de grève générale en Colombie. Des rassemblements ont eu lieu dans une vingtaine de villes. Les manifestants, syndicats de travailleurs et communautés indigènes qui se sont jointes au mouvement, demandent des garanties pour l'application de l'accord de paix signé il y a quatre ans, la protection des dirigeants sociaux et politiques assassinés en nombre, le droit à la santé et le respect des droits des travailleurs.

Publicité

A Medellin, la deuxième ville du pays, ils étaient des milliers dans la rue, rapporte notre correspondante, Najet Benrabaa. Ils ont défilé, masque de protection sur la bouche et casquette vissée sur la tête ou un parapluie à la main pour se protéger du soleil. Parmi eux, Rosa America Peñalosa de la CUT, la Centrale unitaire des travailleurs de la région d'Antioquia. « Nous demandons un revenu social de base, un travail digne pour les personnels de santé, qu'on ne nous oblige pas à retourner en classe pour éviter les contagions, des aides pour les petites et moyennes entreprises qui représentent 60% du travail décent », nous explique la syndicaliste.

Présence des indigènes

Cette marche marque onze mois de protestation contre le gouvernement actuel. Une mobilisation interrompue par les vacances de fin d'année, suivies d'un confinement général de cinq mois à partir du 25 mars pour enrayer la propagation de la Covid-19.

Les communautés indiennes se sont jointes au cortège à Medellin. Cette présence des communautés indiennes est un symbole d'unité dont se réjouit Luis Alonso Londoño Zapata : « Cela signifie qu'à chaque protestation, la population adhère davantage au mouvement. Cela montre qu'il y a réellement un sentiment de rassemblement, d'union et de solidarité entre tous les secteurs sociaux de la population colombienne. »

Dans la capitale Bogota aussi, ils étaient des milliers à marcher pour cette quatrième « grève nationale ». Parmi eux, les 8 000 indiens arrivés dimanche 19 octobre à Bogota, en provenance du Cauca, région du sud-ouest du pays très affectée par près de 60 ans de conflit et par les groupes armés impliqués dans le trafic de drogue. Les indigènes représentent 4,4 % de la population et sont les plus touchés par la pauvreté (59,6 %). Depuis le 10 octobre, ils demandent à rencontrer personnellement le chef de l'Etat et se sont déplacés jusqu'à Bogota suite à son refus.

Colombie, Bogota le 21 octobre: les indiens qui participent à la minga sont rassemblés depuis le dimanche 19 octobre sur la grande place centrale de la capitale dans l'attente d'être reçus par le président Duque. Ils se sont joints à la grève générale.
Colombie, Bogota le 21 octobre: les indiens qui participent à la minga sont rassemblés depuis le dimanche 19 octobre sur la grande place centrale de la capitale dans l'attente d'être reçus par le président Duque. Ils se sont joints à la grève générale. REUTERS/Luisa Gonzalez

68 massacres depuis le début de l'année

Les manifestants dénoncent aussi le regain de la violence dans des régions reculées du pays, depuis l'accord de paix de 2016 avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). La violence s'est notamment traduite par 68 massacres depuis début 2020, selon l'observatoire indépendant Indepaz.

Des experts estiment que le gouvernement a failli en ne prenant pas le contrôle des anciens fiefs des Farc, que se disputent aujourd'hui des gangs, des dissidents de l'ex-rébellion et l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active.

Medellin, Bogota, Cali, Barranquilla et Carthagène font partie des villes qui se sont mobilisées dans l'espoir d'être entendues par Ivan Duque, au pouvoir depuis août 2018 et dont la popularité a chuté à 38 %.

Inégalités accrues par la pandémie

Outre le mécontentement populaire, le président colombien est confronté à la détérioration de l'économie et de la sécurité, sur fond de pandémie qui a fait à ce jour près de 30 000 morts dans ce pays de 50 millions d'habitants.

Les Colombiens s'opposent aussi à la pauvreté (35,7 % en 2019) et aux inégalités accrues par la pandémie dans ce pays, qui est déjà le plus inégalitaire des 37 membres de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

Les enseignants refusent en outre la reprise des cours quand le pays approche du million de cas de Covid-19 et réclament l'application d'accords conclus l'an dernier avec le ministère de l'Éducation.

Marche d'ex-guérilleros

À la mobilisation de ce mercredi s'ajoute une marche d'anciens guérilleros partis du Sud pour rallier Bogota le 1er novembre et dénoncer les assassinats de 234 d'entre eux. De précédentes manifestations avaient eu lieu en septembre contre la brutalité policière après la mort d'un homme aux mains des forces de l'ordre.

À lire aussi : Colombie: les Indiens portent leurs revendications jusqu'au coeur de la capitale

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.