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Mort d'un homme noir au Brésil: une responsable de Carrefour arrêtée

Des agents de sécurité dans un Carrefour de Brasilia où a lieu une manifestation le 20 novembre 2020, après la mort de Joao Alberto Silveira Freitas roué de coups par des vigiles d'un supermarché de Porto Alegre.
Des agents de sécurité dans un Carrefour de Brasilia où a lieu une manifestation le 20 novembre 2020, après la mort de Joao Alberto Silveira Freitas roué de coups par des vigiles d'un supermarché de Porto Alegre. AP - Eraldo Peres
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La police brésilienne a arrêté mardi une responsable du supermarché Carrefour de Porto Alegre où un homme noir a été battu à mort le 19 novembre par deux vigiles blancs. Elle est considérée comme présumée « coauteure » des faits.

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Sur une vidéo qui a choqué le Brésil, la superviseuse apparaissait aux côtés des deux agents de sécurité lorsque ceux-ci s'acharnaient sur Joao Alberto Silveira Freitas, sur le parking du Carrefour où il a été battu à mort jeudi 19 novembre.

En plus des deux vigiles qui ont été écroués, cette responsable de ce supermarché Carrefour de Porto Alegre, a été arrêtée mardi. « Elle avait autorité sur les deux surveillants. Du fait de son poste, la loi la considère comme coauteure du meurtre. Son placement en détention provisoire a été demandé », a déclaré en conférence de presse une enquêtrice de la police, Vanessa Pitrez, citée par le portail d'information UOL.

« J'ai mal, je vais mourir »

La femme, qui avait été vue en train de filmer la scène, aurait menti aux enquêteurs lors de son premier interrogatoire, en assurant ne pas avoir entendu la victime appeler à l'aide et en prétendant qu'un des gardiens était un policier client du supermarché, pour occulter le fait qu'il était employé par Carrefour.

« Aidez-moi », peut-on entendre la victime dire dans la vidéo, alors que la superviseuse se trouve à quelques pas. « J'ai mal, je vais mourir », dit l'homme de 40 ans, qui est décédé la veille du jour de la conscience noire, célébré dans une grande partie du Brésil.

La responsable, d'après des extraits de son témoignage diffusé sur la chaîne Globo, a assuré qu'elle avait demandé à plusieurs reprises aux gardiens de relâcher l'homme. Cependant, dans certains extraits de la vidéo, on l'entend l'avertir qu'il doit se calmer s'il veut être libéré ou lui dire qu'il ne sera pas relâché avant l'arrivée de la police.

Carrefour et des marques s'engagent contre le racisme

Depuis cet homicide, des manifestations ont lieu dans plusieurs villes du Brésil. Après avoir vu ses actions chuter lundi à la Bourse de Sao Paulo, Carrefour a annoncé la création d'un fonds de 25 millions de reais (soit environ 4 millions d'euros) pour la promotion d'actions contre le racisme au Brésil.

Dans le même temps, douze fournisseurs de Carrefour – dont des géants comme Coca Cola, Danone, Pepsico, Heineken, Kellogg's, L'Oréal ou encore Nestlé – ont annoncé qu'ils s'unissaient pour prendre des initiatives afin de combattre « le racisme structurel » dans le pays, qui fut le dernier des Amériques à abolir l'esclavage en 1888.

(avec AFP)

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