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Municipales au Brésil: le second tour s'annonce dévastateur pour Bolsonaro

Une Brésilienne vote pour les élections municipales, à Rio de Janeiro, le 15 novembre 2020.
Une Brésilienne vote pour les élections municipales, à Rio de Janeiro, le 15 novembre 2020. © Ricardo Moraes, Reuters
Texte par : RFI Suivre
5 mn

De nombreux Brésiliens se rendent aux urnes dimanche 29 novembre pour le deuxième tour des municipales. Le pays élit les maires et conseillers municipaux de 57 villes. Soit des résultats très attendus, car il s’agit du premier scrutin depuis l’arrivée de Jair Bolsonaro à la tête du pays. Le président d’extrême droite est en mauvaise posture après le fiasco de son camp au premier tour.

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En 2018, lors de la présidentielle, Jair Bolsonaro avait été confortablement élu. Aujourd’hui, à la moitié de son mandat, c’est une autre histoire : sur les 13 candidats que le chef de l’extrême droite a soutenus pour les municipales, 9 ont été éliminés dès le premier tour.

Deux ont remporté une mairie et deux autres se sont qualifiés pour le second tour. Parmi eux, le maire sortant de Rio de Janeiro et ex-pasteur néo-pentecôtiste Marcelo Crivella donné largement perdant face à son prédécesseur, Eduardo Paes, selon les sondages.

Certains s’appellent Commissaire Eguchi, Commissaire Danielle ou Capitaine Wagner. Ils sont les représentants officiels de la loi et de l’ordre, lors de ce deuxième tour, dans plusieurs grandes villes, comme à Fortaleza, dans le Nordeste, ou à Belém, dans l'État du Pará. Souvent fidèles au président Jair Bolsonaro, ils mettent en avant leur expérience dans les rangs de la police ou de l’armée pour mieux combattre la criminalité. Ils sont également en faveur de l’auto-défense et de la possibilité d’armer la population.

Il s’agit d’un courant politique déjà bien représenté au Parlement, surnommé le « bloc du projectile », ou « bloc de la balle », avec à sa tête Eduardo Bolsonaro, le fils de Jair Bolsonaro, et le Major Vitor Hugo. Particularité du système électoral brésilien : les candidats peuvent choisir des surnoms évocateurs dans l’espoir d’obtenir davantage de suffrages. Le plus célèbre d’entre eux n’étant autre qu’un certain Lula. 

Mauvaise gestion de la pandémie

Ce sont surtout les partis traditionnels du centre et de centre-droit qui ont bénéficié de ce recul de l’extrême droite. Mais la gauche tire elle aussi son épingle du jeu. À São Paulo, par exemple, le socialiste Guilherme Boulos est qualifié pour ce second tour, tout comme la communiste Manuela d’Ávila à Porto Alegre.

Selon des analystes, les Brésiliens feraient payer à Jair Bolsonaro sa gestion de la pandémie de Covid-19, notamment la minimisation systématique du virus et son refus de restreindre les activités économiques pour contrôler sa diffusion. Le Brésil est aujourd'hui le deuxième pays le plus endeuillé au monde, avec 170 000 morts dus au coronavirus, ainsi qu’un pays en pleine récession avec un chômage de plus de 14 %.

Hervé Théry, géographe et spécialiste du Brésil, professeur à l’université de Sao Paulo

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