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Reportage

Législatives au Venezuela: à Caracas, une faible affluence dans les bureaux de vote

Vote lors des élections législatives du dimanche 6 décembre au Venezuela.
Vote lors des élections législatives du dimanche 6 décembre au Venezuela. AFP - CRISTIAN HERNANDEZ
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Les élections législatives se sont déroulé ce dimanche 6 décembre dans un contexte d’interminable crise politique et économique. Alors que le scrutin est boycotté par une grande partie de l’opposition vénézuélienne, le parti du président Nicolas Maduro devrait récupérer la seule institution qui n'était pas dans son giron.

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Avec notre envoyée spéciale à CaracasMarie Normand

Après être passé devant une dizaine de bureaux de vote et avoir sillonné Caracas d’est en ouest, au mieux une vingtaine de personnes attendaient leur tour pour voter à l'extérieur des bureaux. Une coordinatrice de l'un d'eux nous confiait qu’il y avait beaucoup moins de monde que d’habitude et que cela facilitait les mesures de distanciation sociale mise en place en raison de la pandémie de Covid-19.

Pourtant, 14 000 bureaux de vote ont été ouverts dans le pays pour ce scrutin. Beaucoup moins qu’il y a cinq ans, ce qui pose question en période de pandémie. La garde nationale est néanmoins très présente pour vérifier que les électeurs respectent les précautions sanitaires.

La faible affluence est particulièrement criante dans les quartiers où réside la classe moyenne, où l’opposition a une base plus large. Cela pourrait démontrer que ces électeurs ont suivi la ligne du courant majoritaire de l’opposition mené par Juan Guaido qui appelait à l’abstention.

Des résultats qui se font attendre

Le Conseil national électoral n’a donné aucune information concernant le scrutin. Dimanche soir, il avait prolongé l’ouverture des bureaux de vote d’une heure. Mais cela n’explique pas un tel retard pour ces résultats qu’on attendait il y a plusieurs heures. Des voix s’élèvent déjà pour critiquer la toute nouvelle plateforme de vote automatisé.

Avant même la publication des résultats en tout cas, Juan Guaido, le leader de l’opposition, s’est exprimé. Il soutient que de toute façon les résultats sont écrits à l’avance. Il appelle les Vénézuéliens à manifester samedi prochain et affirme que la plus grande partie d’entre eux ont « tourné le dos à Nicolas Maduro ». Une référence à l’abstention qui pourrait être très importante.

L’autre grand test pour cette opposition qui boycottait le scrutin : la « consultation populaire ». Un appel à une sorte de référendum pour prouver que les Vénézuéliens rejettent ces législatives. Cette consultation se tiendra toute la semaine, par internet, sur une application mobile et puis physiquement samedi dans différents points du pays. Comme à l’étranger, d’ailleurs, au Canada, au Mexique, ou encore en Colombie, où ont migré de très nombreux Vénézuéliens depuis 3 ans.

Un vote sur fond de pandémie

Juan Guaido, clame que le scrutin n’est pas juste, ni équitable. Dix petits partis d’opposition se présentent pour ne pas laisser le champ libre, disent-ils, au parti du président Nicolas Maduro. Mais pour Juan Guaido, ces formations ne sont pas représentatives de l’opposition. Elles sont même accusées d’être des alliées déguisées du chef de l'État.

A proximité d'un bureau de vote, dans un quartier populaire de Caracas.
A proximité d'un bureau de vote, dans un quartier populaire de Caracas. © RFI Marie Normand

► À écouter aussi Venezuela: l’organisation des législatives entachée de plusieurs irrégularités

Le parti présidentiel, le PSUV, qui présente le plus de candidats ce dimanche, a gros à gagner, en récupérant une Assemblée nationale acquise à l’opposition depuis 2015. Étant donné l’absence des principaux partis d’opposition, il devrait s’assurer la majorité des sièges de cette nouvelle chambre.

« C’est une fête pour moi de voter »

Les partisans de Nicolas Maduro se montrent donc confiants. Luis Fernando Machillando, un retraité rencontré dans le centre de Caracas, considère ce scrutin comme « une fête ». Un vendeur de livres, plus loin, souligne l'importance d'aller voter, malgré les polémiques : « Parce que si je vote, j’ai le droit d’exiger, de réclamer. »

Mais ce dimanche, ce qui préoccupe ce commerçant, c'est surtout le contenu des CLAP, les colis alimentaires subventionnés du gouvernement, un programme phare du président Maduro. « Avant, il y avait des sardines, de la mayonnaise. Rien de tout ça aujourd’hui », regrette-t-il. Il pense que si le parti présidentiel récupère l’Assemblée, tout va changer. « Si le parti au pouvoir gagne, il y aura des solutions. Il y au sein de ce parti beaucoup de jeunes très actifs. »

Les Vénézuéliens qui se rendent aux urnes ce dimanche sont donc des électeurs du PSUV. Ils disent vouloir soutenir leur président face à une crise économique qu’ils attribuent uniquement aux sanctions américaines. Ils pensent que récupérer cette Assemblée qui était aux mains de l’opposition va permettre de faire passer les lois adéquates pour relancer l’économie.

Et puis d’autres personnes, qui souvent ont un peu peur de s’exprimer au micro, viennent aussi voter pour la poignée de candidats de l’opposition qui participent au scrutin. Eux aussi espèrent un changement et ils estiment que le vote est la seule façon d’y parvenir.

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